VIDÉO - Vif échange entre Macron et des cheminots à Saint-Dié : "Ne bloquez pas tout"

AU CONTACT - En visite à Saint-Dié , Emmanuel Macron a été sifflé ce mercredi par des cheminots venus protester contre la réforme de la SNCF. Le président est allé au contact. Un échange musclé où les selfies admiratifs se mélangeaient aux huées.

Le bain de foule avait commencé sans anicroche à Saint-Dié, sous un soleil radieux. Avant que des sifflets appuyés ne viennent émailler la visite d'Emmanuel Macron.  Le président de la République a été sèchement accueilli par  des cheminots venus exprimer leur désaccord avec la réforme de la SNCF. Comme à son habitude, il est allé au contact - devant les caméras - pour un long échange dont vous pouvez voir les images dans la vidéo ci -dessus.  


Au coeur de la mêlée, Jérome Maes, fait face au président  : "Vous, vous ferez cinq ans [de mandat]. Moi, c’est toute ma vie que je vais faire",  lui a lancé le cheminot de la CGT Nancy, conducteur de TER dans le Grand Est. "Ma femme est aide-soignante en Ehpad. Je ne suis pas à 50 000 euros par mois", poursuit-il. "Le problème de la dette, ça n'a rien à voir avec le statut des cheminots. Vous faites toujours l’amalgame. "

"On le lâchera rien"

 "Siffler dans le dos je déteste ça. Je viens vous parler", réplique le président. "On a des désaccords, il faut se respecter dans les désaccords", tout en ajoutant : "Je ferai ce que je dois faire. Je crois au chemin de fer. Prenez votre part de cette convention collective  [en cours de négociation]   mais ne bloquez pas tout le pays. " "Il n'y aura jamais de privatisation. Je vous le dis les yeux dans les yeux", assure encore Emmanuel Macron à un autre cheminot quelques minutes tard. Les deux parties se quittent sur un désaccord inévitable. "Peut être que qu'il ne s’attendait pas à avoir autant de répartie", expliquera ensuite Jérôme Maes sur LCI. "Il fait beaucoup d’amalgame dans ses interviews.C'est clair qu'on ne lâchera rien."

En vidéo

Regardez la réaction d'Emmnanuel Macron après son échange avec les cheminots

L'échange vif s'est poursuivi dans les rues de Saint-Dié  pendant près d'une heure. Une déambulation où les selfies se mélangeaient aux sifflets de la part de cheminots mais aussi de retraités et même de défenseurs des zadistes de Notre Dame des Landes.  "Je suis très content d’aller au contact. On s’est expliqué avec des points de convergence et des points de divergence. Et puis il y a aussi des gens qui sont venus pour prendre en otage la ville de Saint-Dié. Ce sont des activistes. Eux je ne cherche pas à les convaincre, ça ne sert à rien", a encore dit le président de la République.

S’il n’a pas échappé aux sifflets et banderoles hostiles, Emmanuel Macron, qui renouait avec les bains de foule à un an des élections européennes, a aussi obtenu des marques de soutien inquiètes de la part des Français rencontrés.

"Tenez le cap parce que ça, c’est important", lui lance un homme à propos de la lutte contre les paradis fiscaux. "Pensez à nos retraités et à nos aides-soignantes", ajoute une femme. Un homme lui étreint le bras : "On attend les réformes, mais faites attention à ce qu’elles soient équitables et justes", dit-il au président qui le rassure d’un "oui, oui".

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