VIDÉO - Violations des droits de l'Homme en Egypte : Macron refuse de "donner des leçons"

NON INGERENCE - Le président de la République, qui recevait son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi à Paris mardi, a invoqué la "souveraineté des Etats" lorsqu'il a été interrogé sur les violations des droits de l'Homme en Egypte, invoquant le "contexte sécuritaire" et la lutte contre le terrorisme dans ce pays.

Emmanuel Macron ne fera pas la morale à l'Egypte. Le Président français s'est montré particulièrement prudent, ce mardi, lorsqu'il a été interrogé sur les violations des droits de l'Homme à l'occasion d'une conférence de presse en présence du chef de l'Etat Abdel Fattah al-Sissi, à Paris.


Alors que, entre autres ONG, l'association Inter-LGBT appelait le Président français à "ne pas rester silencieux" sur "la campagne d'arrestations massives", les "viols et tortures" visant les homosexuels en Egypte, ainsi que les "550 arrestations" recensées depuis l'arrivée au pouvoir du Président egyptien il y a quatre ans, Emmanuel Macron a ménagé son interlocuteur. 

Pas de leçon à donner

"Le sujet des droits de l'Homme peut être considéré depuis Paris comme s'il était hors de tout contexte", a justifié Emmanuel Macron. "Je l'ai considéré dans le contexte égyptien." Le chef de l'Etat, "conscient du contexte sécuritaire" lié au "défi de la stabilité dans le pays" et à "la lutte contre le terrorisme", a ajouté qu'il croyait "à la souveraineté des Etats".  

Je n'accepte pas que d'autres dirigeants me donnent des leçons sur la manière de gouverner mon pays, je n'en donne pas aux autresEmmanuel Macron

Le Président français a rappelé une ligne qu'il avait déjà défendue au sujet de la Syrie, s'opposant frontalement à la diplomatie de son prédécesseur, François Hollande. "A vouloir donner des leçons hors de tout contexte et mettre à bas des systèmes politiques qui ne partageaient pas nos valeurs, nous avons provoqué des morts encore plus certaines et des violences encore plus radicales."


Ce n'est qu'après ces multiples précautions de langage qu'Emmanuel Macron a estimé, à propos de l'Egypte, que l'on était "plus fort" face au terrorisme "quand on défend les droits de l'Homme". L'ancien ministre de l'Economie et le dirigeant égyptien ont abordé ensemble "des cas individuels", mais il a refusé de donner à la presse plus de détails sur ces échanges. 

Atteintes à la liberté de la presse

Alors qu'Emmanuel Macron recevait le Président egyptien, l'ONG Reporters sans frontières a organisé un rassemblement à Paris en soutien à 16 journalistes et blogueurs emprisonnés en raison de leur métier. De nombreuses ONG dénoncent la "scandaleuse tolérance" de la France avec Le Caire, jugeant le bilan égyptien "catastrophique" en matière de droits humains. 


L'Egypte a conclu avec la France, en 2015, des contrats d'armement pour plus de 6 milliards d'euros. Le président al-Sissi devait rencontrer des chefs d'entreprises à l'issue de sa visite. 


Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron n'a pas toujours été aussi strict en matière de non-ingérence. En mai 2017, recevant le président russe Vladimir Poutine à Versailles, il n'avait pas hésité à mettre en avant la question des minorités et des personnes LGBT. En août, il avait qualifié le régime de Nicolas Maduro au Venezuela de "dictature".

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