VIDEOS - Après le Brexit, qui dit quoi, en France, sur l'Europe ?

VIDEOS - Après le Brexit, qui dit quoi, en France, sur l'Europe ?

RECAP - Après la décision des Britanniques de sortir de l'Union européenne, les responsables politiques français multiplient les propositions pour notre propre avenir. Frexit, fédéralisme, frontières, voici ce qu'avancent les principaux représentants des partis.

Le référendum anglais sur la sortie de l'Europe a produit un électrochoc dans la classe politique française. Côté pro-européen, les responsables multiplient depuis vendredi les prises de position pour "refonder" une Union bien mal en point. Chez les souverainistes, on exulte. Sur l'échiquier politique, l'approche comporte de nombreuses variantes. Pour vous, metronews fait le point.

 Que dit le Front de gauche ?
A sa sortie de l'Elysée, après l'audition samedi par François Hollande des principaux responsables politiques français, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) s'est dit "consterné", estimant que le Président ne veut rien changer. Le candidat à la présidentielle a plaidé pour "une harmonisation sociale par le haut" des pays de l'UE, "chose que les traités budgétaires interdisent". Il demande également la suppression "du paradis fiscal du Luxembourg". Il y voit "une occasion extraordinaire pour la France de revenir sur le devant de la scène" en proposant une autre Europe. Et de conclure : " l'Europe, on la change ou on la quitte ".

Même tonalité chez Pierre Laurent, patron du PCF, pour qui le Brexit signe "le désaveu de la construction libérale de l'Europe". Et de réclamer des mesures contre le "dumping social" et "l'austérité" , à l'initiative de la France.

 Que disent le Parti socialiste et François Hollande ?
Après sa réception à l'Elysée, le secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a fait une déclaration assez générale sur la stratégie européenne . Pressant la Grande-Bretagne d'accélérer sa sortie effective, il a estimé nécessaire de "répondre à l'urgence de l'Europe, la sécurité, la défense, la modernisation et la démocratie". Pour lui, "l'Europe a besoin d'un recommencement et de répondre concrètement aux demandes des peuples". Comme d'habitude, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a fait entendre sa propre voix en proposant un "nouveau projet" fondé sur une "consultation" des peuples européens.

François Hollande, pour sa part, sera à Berlin lundi avec Angela Merkel, et le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, pour élaborer les pistes de la fameuse "refondation". En attendant ses propositions, il a estimé qu'il fallait organiser "en bon ordre" la sortie du Royaume Uni, jugeant que le Brexit ", extrêmement grave", "pose une interrogation pour la planète". "Les populistes sont à l'œuvre", a-t-il dit après les résultats du référendum. Une opportunité pour la France ? En 2012, François Hollande avait fait de la réorientation de la politique européenne un engagement de campagne.

► Que disent les écologistes ?
L'ancienne ministre Cécile Duflot, au diapason d'Europe Ecologie-Les Verts, estime que le Brexit est la signe de l'échec de l'Europe libérale combiné avec le manque de démocratie du système actuel.


Ses camarades d'EELV, dont le patron de la formation, David Cormand, réclament "une troisième voie" (écologiste, bien sûr) reposant sur plusieurs mesures : la suppression de la règle des 3 % de déficit budgétaire, la création d'un "bouclier social" pour en finir avec le dumping, la taxe européenne sur les transactions financières, l'abandon des traités de libre-échange (TAFTA), un renforcement des pouvoirs des parlements nationaux et une "assemblée constituante" pour refonder l'Europe.

 Que disent les centristes ?
Evoquant "une onde de choc terrible", le président du Modem, François Bayrou, veut "redessiner un projet européen" qu'il soumettrait "au peuple français". Pour l'ex-candidat à la présidentielle, la grande erreur fut de contourner le "non" des Français au référendum de 2005 avec le traité de Lisbonne . Il souhaite que l'Europe se concentre sur "l'essentiel" pour "laisser aux Etats, au plus près du terrain, de décider des choses de la vie de tous les jours".

Jean-Christophe Lagarde, patron de l'UDI, réclame une initiative française en faveur de "plus" d'Europe : un "gouvernement économique fédéral", une deuxième chambre représentant les parlements nationaux, une convergence des fiscalités en dix ans, une place financière de la zone euro et un "espace de sécurité commun" qui remplacera la zone Schengen, notamment sur la politique migratoire. Il souhaite également "tourner le dos au tout libéral", notamment en imposant les grandes entreprises qui pratiquent le dumping fiscal.

 Que disent Les Républicains ?
Au lendemain du Brexit, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a émis une série de propositions, dont l'adoption d'un nouveau traité européen qui pourrait être soumis à référendum. L'ex-chef de l'Etat prône un "Schengen 2" avec un "gouvernement des ministres de l'Intérieur" qui aura la charge de faire respecter les frontières de l'UE. Il propose aussi "un gouvernement économique de la zone euro avec un président stable élu par ses pairs", un "Fonds monétaire européen" et une clarification des rôles, "une petite dizaine de priorités stratégiques" pour l'Europe, le reste devant relever des Etats. Il réclame enfin un renforcement du pouvoir des parlements et l'arrêt du processus d'élargissement de l'UE.

Les Républicains organisent, lundi, un bureau politique extraordinaire sur la question. Les sensibilités divergent à droite. Par exemple, François Fillon ne croit pas à la possibilité d'un nouveau traité européen.  Bruno Le Maire et Hervé Mariton appellent à un référendum français, contrairement à Alain Juppé .

 Que dit le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ?
Engagé en faveur du Brexit, et favorable à un référendum français, le candidat souverainiste à la présidentielle propose "un projet de traité alternatif pour une Europe des nations libres". Il réclame la suppression du statut des travailleurs détachés, accusés de prendre les emplois nationaux. Il demande aussi le blocage des accords de libre circulation avec la Turquie et la fin du traité de libre-échange (TAFTA).


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Que dit le Front national ?
Le FN fait quasiment du Brexit un succès personnelle. Saluant une "victoire de la liberté", il vient d'ailleurs de lancer u ne pétition en faveur du "Frexit" , le référendum français sur la sortie de l'Union européenne. Une telle consultation interviendrait après une négociation avec les institutions européennes sur la souveraineté des pays. 

Selon Marine Le Pen, l'Union européenne "est la pierre angulaire de toutes les crises que nous connaissons". "Le mouvement est enclenché vers la fin de l'Union européenne telle que nous la connaissons." La candidate à la présidentielle affiche clairement la couleur : ce sera son thème de prédilection pour 2017.

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