VIDEOS - Débat relancé sur le cannabis en pleine "Nuit Debout" : qui est dupe ?

Politique

CONTRE-FEU - Le ministre Jean-Marie Le Guen a relancé lundi le débat sur la dépénalisation-légalisation du cannabis en pleine contestation sociale au sein de la jeunesse. Une manip' politicienne ? Si personne ne semble vraiment dupe, le sujet enflamme les réseaux sociaux.

Si c'est un contre-feu politicien, l'opération est plutôt réussie. Depuis que Jean-Marie Le Guen a remis sur le tapis le vieux sujet de la dépénalisation du cannabis, lundi, les réseaux sociaux s'enflamment : opposants et partisans s'écharpent sur le bien-fondé d'une telle mesure qui permettrait, selon le ministre des Relations avec le Parlement, de mieux encadrer ce problème de santé publique et lutter contre les trafics.


Malgré tout, le débat relancé en pleine "Nuit Debout" est perçu avec méfiance, y compris par les premiers concernés, à savoir les jeunes, mobilisés en ce moment contre la loi Travail. "Ils cherchent dans leurs papiers en se disant, les jeunes, le cannabis, etc. On va faire un truc", ironisait ainsi une participante à Nuit Debout interrogée par  BFMTV sur la place de la République. Même si d'autres jugeaient le débat "important"...

La perche tendue par le ministre,  aussitôt recadré par ses confrères Najat Vallaud-Belkacem et Stéphane Le Foll , a surtout mis en colère l'opposition. Un sentiment résumé par Bruno Retailleau, le patron du groupe Les Républicains au Sénat, Christian Estrosi, le président LR de Paca, le centriste Jean-Christophe Fromantin ou encore Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite. Au Front national, le député Gilbert Collard, adepte des formules imagées, fustige le ministre qui "cherche à créer un débat de diversion dans le cendrier médiatique où se consume ce gouvernement d'enfumeurs". 


Même à gauche, certaines voix se font entendre pour dénoncer une manœuvre en pleine mobilisation contre la réforme du travail.


Mine de rien, Jean-Marie Le Guen a fait mouche, en poussant certains responsables de l'opposition à entrer dans ce débat qui a le propre de rétablir les clivages. "La manœuvre politicienne de Jean-Marie Le Guen de rouvrir le débat sur le cannabis est irresponsable", juge ainsi le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (DLF). "Qu'il s'informe des ravages du cannabis sur la santé, notamment chez les jeunes." Christian Estrosi s'est également senti obligé d'asséner son opposition à la légalisation du cannabis, "une proposition dangereuse et irresponsable". Quant au député Eric Ciotti (LR), il rappelle sa position habituelle : "Lutter contre les trafics de drogue? c’est aussi l’exigence de sanctionner plus fortement la consommation".

Beaucoup y voient surtout un possible thème préélectoral à destination des jeunes, même si le gouvernement s'en défend. En période de campagne, le débat est en effet très récurrent, et pas seulement à gauche. En 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin, hostile à la dépénalisation, avait prôné un "assouplissement" de la loi . En 2007, Ségolène Royal, également hostile à la dépénalisation, s'était cependant dite ouverte, si elle était élue, à un "grand débat public" sur le sujet. Nicolas Sarkozy lui-même, candidat de la droite en 2007, avait soutenu la suppression du "délit" de consommation au profit d'une simple contravention, avant de prôner l'inverse en 2012 . Alors, le cannabis, thème électoral de l'élection de 2017 ?

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