VIDEOS - Fronde des chercheurs : "Il n'y aura aucune coupe de budget"

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Politique

RENDEZ-VOUS - Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, a affirmé que le budget de la recherche ne serait pas réduit, lors de notre rendez-vous politique Les Indés-LCI-metronews. Il plaide même pour des crédits en hausse d'un milliard d'euros par an en 2017.

C'est un appel retentissant qu'ont lancé lundi les chercheurs français. Sept prix Nobel et un lauréat de la Médaille Fields ont dénoncé une décision du gouvernement d'annuler d'importants crédits dédiés à la recherche, fustigeant "un suicide scientifique et industriel".

Après une première réaction le soir même indiquant que ces annulations de crédits "n'auront aucun impact sur l'activité des organismes de recherche", Thierry Mandon est allé plus loin mardi matin lors de notre rendez-vous Les Indés-LCI-metronews. Selon le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, les arbitrages auraient finalement permis d'éviter une baisse des crédits.

"Aucune coupe de budget"

"Il y a eu des projets visant à récupérer un peu de sous pour financer des dépenses nouvelles", a reconnu Thierry Mandon, indiquant que cette volonté émanait du ministère de l’Economie. "Nous avons travaillé avec Bercy et nous avons trouvé une façon de gérer cela. Les mesures techniques n'auront pas de conséquence sur le calibrage des trésoreries. Il n'y aura aucune coupe de budget (dans la recherche, ndlr), contrairement à ce qui avait été envisagé."


Le secrétaire d'Etat a même réclamé une hausse des crédits aux universités et à la recherche. "On ne va pas demander la lune à Bercy", a-t-il temporisé, estimant que "les universités doivent aussi un peu compter sur elles-mêmes pour débloquer des ressources propres". Mais, a poursuivi Thierry Mandon, "il y a aussi un effort de la Nation à faire en faveur des universités et de la recherche. Le moment est venu, si l'on pense vraiment que ce qui va tirer la croissance des pays développés, c'est l'économie de la connaissance. Il faut une augmentation significative du budget de l'enseignement supérieur et la recherche. C'est ce que je plaide, ce que je souhaite demander pour le budget 2017". Les besoins supplémentaires se monteraient à près d'un milliard d'euros par an… "Il y a un effort de pédagogie à faire", a argumenté le secrétaire d'Etat. "L'appel des chercheurs y contribue."


 La loi Travail, mal préparée ?
Thierry Mandon, qui prépare un rapport sur la modernisation de la vie démocratique, a reconnu que la loi Travail,  fortement contestée depuis deux mois , avait été mal préparée en amont. "Que les partenaires sociaux aient du mal à juger lucidement un texte qui n'a pas grand-chose à voir avec le premier, c'est un peu compréhensible. Je pense qu'avant de poser un style sur un papier, et c'est vrai pour tous les textes de loi, il doit y avoir tout un travail en amont, qui est long, mais indispensable."


  "Ça va mieux" , dit François Hollande : un message "politiquement compliqué"
Interrogé sur la stratégie de François Hollande visant à mettre en valeur l'embellie dans l'économie française, Thierry Mandon s'est montré prudent. "Je comprends ce qu'il veut dire", explique-t-il. "Il y a des indicateurs macroéconomiques qui montrent que ça va mieux. Mais attention : la croissance dans les pays développés est tellement inégalitaire aujourd'hui que personne ne s'en rend compte. Donc, si on vous dit ça va mieux, et que vous vous rendez compte du contraire, politiquement c'est compliqué."


 Macron recadré
Pour le secrétaire d'Etat à la Recherche,  le "ni droite, ni gauche"  du ministre de l’Economie Emmanuel Macron ne clarifie pas forcément le paysage politique. "C'est un brouillage volontaire et assumé des lignes", a-t-il prévenu.

En outre, Thierry Mandon s'est permis un recadrage du ministre de l’Economie sur la question des blocages de raffineries. Alors que ce dernier appelait les grévistes à "laisser avancer une France qui travaille", le secrétaire d'Etat a rappelé que "les travailleurs vont parfois manifester et exprimer leur point de vue", refusant d'opposer deux catégories de citoyens. "Je pense qu'il faut être un peu plus sophistiqué dans l'analyse", a-t-il taclé. 

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