"Sécurité, où va la France ?" : les six séquences à retenir de la "Grande confrontation"

"Sécurité, où va la France ?" : les six séquences à retenir de la "Grande confrontation"

SÉCURITÉ - Responsables politiques, policiers, magistrats, membres de la société civile… Ils ont débattu lundi 10 mai sur le plateau de la Grande Confrontation, présentée par David Pujadas, autour de la sécurité. Voici les séquences qu'il ne fallait pas rater.

Ils sont élus, policiers, membres de l'autorité judiciaire, artistes ou témoins de la société civile. Ils ont participé lundi 10 mai sur LCI à la Grande confrontation, animée par David Pujadas. Alors que la sécurité et l'insécurité se sont brutalement invitées dans le débat politique, témoignages et débats se sont succédé. Assiste-t-on à une crise de l'autorité de l'État ? Comment la délinquance a-t-elle évolué ces dernières années ? Quelles sont les solutions ? Voici les moments les plus marquants.

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La Grande Confrontation

"Le drame ne peut pas se reproduire" : le témoignage de la veuve du chauffeur de bus tué à Bayonne

"Ce qui est arrivé à mon époux a été d'une extrême violence, pour un masque et un titre de transport. Mon mari souffrait de la violence qui s'était installée", se souvient Véronique Monguillot, veuve du chauffeur de bus tué à Bayonne à l'été 2020 par des jeunes qui refusaient de mettre un masque. "Il allait être à la retraite à l'été 2021, il avait hâte", déclare-t-elle, très émue. "Le drame ne peut pas se reproduire, une autre famille ne doit pas subir ce que nous subissons depuis dix mois. Jamais nous n'aurions pu imaginer un tel drame à Bayonne. Ce qui nous est arrivé peut arriver à n'importe qui et n'importe où", affirme Véronique Monguillot, selon qui ce drame représente la montée de la violence dans le pays.

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"Le drame ne peut pas se reproduire" : le témoignage de la veuve du chauffeur de bus tué à Bayonne

Mathieu Kassovitz : "Ce sont des faits divers qui continueront d'exister"

Pour Mathieu Kassovitz, acteur, réalisateur et producteur, les questions de sécurité ne sont toutefois pas plus importantes en 2021 qu'il y a trente ans. "J'ai l'impression d'être en 1990, d'avoir déjà vu cette conversation des centaines de milliers de fois", explique-t-il. "Je suis désolé madame, mais ce qui est arrivé à votre mari, malheureusement, va arriver à quelqu'un d'autre", assure-t-il, gêné, s'adressant à Véronique Monguillot. "La société est faite comme ça. Il y a des fous, des gens perdus dans leur tête, qui sont des criminels. Malheureusement, ces faits divers continueront d'exister. Qu'il y ait une montée en puissance d'une certaine violence, certainement, mais parce que la société en elle-même est de plus en plus violente. Il faut regarder les choses dans leur contexte."

"Aucune violence n'est tolérable dans notre société", lui répond Matthieu Valet, secrétaire général adjoint du syndicat indépendant des commissaires de police. "C'est en banalisant que l'on donne l'impression à certains individus que c'est tolérable. Mais malgré les violences, malgré les coups, tous les policiers se lèvent pour sauver la population."

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Mathieu Kassovitz : "Ce sont des faits divers qui continueront d'exister"

Un problème de dialogue entre jeunes et policiers ?

"Ce qui manque dans les quartiers, c'est le dialogue", regrette Yazid Kherfi, ancien braqueur devenu médiateur en Île-de-France. "Les policiers ne savent pas dialoguer avec les jeunes. La grande majorité des policiers vient de la province : ils arrivent pour certains avec des préjugés et leur formation n'est pas adaptée. Nous avons un certain nombre d'adultes défaillants, je ne connais pas de délinquants heureux."

"Nous ne savons pas dialoguer avec eux, nous sommes mal formés, je le dénonce en tant que syndicaliste", lui répond Linda Kebbab, policière, déléguée nationale du syndicat unité SGP-Police FO. "Mais nous n'avons pas le droit de nous cacher derrière cela. Les pompiers, maires, élus locaux et médecins connaissent le même problème" que les policiers, assure-t-elle. "Ce n'est pas un problème de police, c'est un problème de société."

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La Grande confrontation : un problème de dialogue entre jeunes et policiers ?

"La violence n'est jamais gratuite"

"La violence est notre quotidien", déplore de son côté Béatrice Brugère, secrétaire général du syndicat unité-Magistrats FO. "Il y a une singularité française, toutes les semaines les faits divers de violence s'accumulent. On ne peut pas simplement être dans l'émotion, il faut aller plus loin. La violence n'est jamais gratuite, elle correspond à des phénomènes criminels."

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La Grande confrontation : "Il n'y a pas de violence gratuite", selon la magistrate Béatrice Brugère

L'invitation à la marche du 19 mai

"Le 19 mai, nous appelons à une marche citoyenne", déclare Matthieu Valet. "Les propos tenus par votre parti blessent les policiers", dit-il, s'adressant au député LFI Alexis Corbière, dont le chef de file Jean-Luc Mélenchon avait répondu, en 2019, à un manifestant dénonçant les violences policières : "C'est des barbares, soyez prudents". Affichette à l'effigie des forces de l'ordre tuées dans l'exercice de leur fonction la main, le syndicaliste policier se lève et "invite [Alexis Corbière] à venir le 19 mai, je vous demande de respecter les policiers." Imité dans la foulée par Linda Kebbab.

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La grande confrontation : Matthieu Valet invite Alexis Corbière à la marche citoyenne de 19 mai

Marlène Schiappa : "Le gouvernement augmente les moyens avec un budget en hausse pour la sécurité"

"Les violences sont de plus en plus fortes, d'une sauvagerie inouïe", juge Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, en duplex depuis le ministère de l'Intérieur. "Au gouvernement, on augmente les moyens, avec un budget en hausse considérable pour la sécurité, 10.000 policiers recrutés d'ici la fin du quinquennat. Le Premier ministre Jean Castex va annoncer demain un durcissement des peines pour ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre."

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Marlène Schiappa : "Le gouvernement augmente les moyens avec un budget en hausse pour la sécurité"

La ministre assure aussi que "le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir, mais ne peut pas tout, tout seul", notant que "le travail commence par l'éducation, dès le plus jeune âge, y compris dans les familles".

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