VIDEOS - Pierre Moscovici : "Marre que les anti-Européens monopolisent la parole"

VIDEOS - Pierre Moscovici : "Marre que les anti-Européens monopolisent la parole"

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RENDEZ-VOUS - L'ancien ministre de l'Economie Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, était l'invité de notre rendez-vous politique Les Indés-LCI-metronews. Au menu : la montée des populismes, le Brexit, le bilan de François Hollande et la dette française. L'occasion d'un coup de gueule du responsable socialiste contre les positionnements anti-européens qui fleurissent en France.

Pierre Moscovici en VIP de l'Europe. L'ancien ministre socialiste de l'Economie, devenu commissaire européen aux Affaires économiques et financières, multiplie les déplacements dans l'Hexagone. Son but : promouvoir le plan d'investissement Juncker, qui doit profiter à la France à hauteur de 17 milliards d'euros. Une bonne manière de défendre l'action européenne au moment où, en France, la perspective de l'élection présidentielle cristallise les prises de positionnement hostiles à l'égard de Bruxelles, à droite comme à gauche.

Coup de gueule

En pleine contestation de la loi Travail, les opposants - comme le Front national et, dimanche, Jean-Luc Mélenchon - accusent la Commission européenne d'être à l'origine de cette réforme initiée au forceps par le gouvernement. "Il n'y a pas de loi Travail ou de loi El Khomri, il n'y a que la loi de la Commission européenne", assénait ainsi Jean-Luc Mélenchon au lancement de sa campagne .

L'occasion d'un joli coup de gueule pour Pierre Moscovici, qui conteste de but en blanc. "Il y en a marre", dit-il, "que les antieuropéens monopolisent la parole avec des mensonges laissant penser que l'Europe est un super-Etat, la Commission un super-gouvernement, et que les gouvernements sont des carpettes". Pour l'ex-ministre, c'est bien le gouvernement Valls qui est à l'origine de la réforme du Travail et qui en a dessiné les contours.

 La loi Travail n'est "pas bouleversante"
Interrogé également sur le contenu de la réforme du Travail qui suscite la contestation sociale depuis bientôt trois mois, le commissaire européen a estimé que ce projet de loi "n'est pas une réforme bouleversante, ou transformante, au regard de ce qu'un certain nombre d'autres pays ont fait". Pas question, toutefois, de reprendre à son compte les propos polémiques de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, pour qui cette loi est "le minimum de ce qu'il faut faire".

Pas de délai supplémentaire pour le déficit français
La Commission européenne a été parfois accusée de complaisance à l'égard de la France, qui a bénéficié à deux reprises de délais supplémentaires pour ramener son déficit sous la barre des 3 % . Cette fois, pas question de transiger, assure Pierre Moscovici. "Il n'y aura pas de nouveau délai. Ce ne serait pas compréhensible, surtout quand vous êtes à 3,5 % de déficit. Vous pouvez arriver sans efforts sanguinaires en dessous de 3 % en 2017. La pente est assez douce en réalité."

 Les promesses de François Hollande "globalement tenues"
Les opposants à la loi Travail se plaisent à rappeler que cette réforme ne figurait pas parmi les engagements de campagne de François Hollande. Pour le commissaire européen, cela n'en fait pas pour autant un mensonge. "Je n'ai pas souvenir dans l'histoire politique d'un programme qui soit appliqué à la lettre. Fort heureusement : nous ne sommes pas des greffiers, il y a des réalités sociales, des temps politiques, il faut être capable de les respecter." Mais pour celui qui a élaboré le projet de François Hollande en 2012, "les promesses qui ont été faites par le candidat François Hollande ont été globalement tenues".

Pierre Moscovici n'en pince pas pour Emmanuel Macron
Leur sensibilité "sociale-libérale" aurait dû les rapprocher. En réalité, elle semble éloigner ces deux concurrents potentiels de l'après 2017. "J'ai beaucoup d'idées en commun avec Emmanuel Macron. Je partage des choses qu'il fait comme ministre de l’Economie", admet celui qui a occupé la même fonction avant son départ pour la Commission européenne. Mais "sur le plan politique, je ne suis pas sûr que j'adhérerai  à son mouvement En marche . Je suis même sûr que je n'y adhérerai pas".

► Le référendum anglais sur le "Brexit"
Les Britanniques décideront-ils de quitter l'Union européenne lors du référendum du 26 juin prochain ? Si les sondages semblent le prédire, Pierre Moscovici n'y croit pas. "Je reste confiant dans le fait que le 'remain' (le souhait de rester dans l'UE, ndlr) l'emporte. Il y a un tel saut dans l'inconnu et de tels problèmes à l'arrivée que les électeurs auront un vote rationnel".

La transparence des multinationales
Le commissaire européen aux Affaires économiques défend actuellement une mesure visant à renforcer la transparence des entreprises. "Je souhaite", explique-t-il, "que les multinationales publient leurs données comptables et fiscales pays par pays. Si ma proposition est suivie, nous serons la première zone au monde à faire la transparence sur ces données".

 Un accord en vue avec la Grèce
Pierre Moscovici s'est montré confiant dans la possibilité d'aboutir dans les prochains jours à un accord avec la Grèce qui permettra de débloquer de nouveaux fonds pour les pays. "Je suis très confiant dans notre capacité, lors de l'Eurogroupe du 16 juin, à trouver un accord intégral et à décider de ce déboursement. Nous avons trouvé un terrain d'entente sur la plupart des sujets."

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