Un maire LR décroche lui-même un portrait d'Emmanuel Macron pour le donner aux Gilets jaunes

Politique

DÉCROCHEURS - Thierry Kovacs, maire Les Républicains de Vienne, a "prêté" un portrait officiel du président de la République à des Gilets jaunes, samedi, lors des manifestations pour le climat. Pour les députés de la majorité, l'édile "déshonore son mandat d'élu local".

Un portrait d'Emmanuel Macron décroché... par le maire lui-même. A Vienne (Isère), lors des manifestations pour le climat qui avaient lieu samedi, les Gilets jaunes qui participaient aux défilés n'ont pas eu à prendre de risque pour récupérer le portrait officiel du chef de l'Etat. 

Prenant les devants, c'est Thierry Kovacs, l'édile de cette commune et conseiller régional Les Républicains d'Auvergne-Rhône-Alpes, région dirigée par Laurent Wauquiez, qui a proposé un "prêt" aux manifestants. "J'ai eu une demande de prêt, ils se sont engagés à ne pas avoir de geste déplacé ou obscène avec le portrait", a expliqué l'intéressé au Dauphiné Libéré. Ajoutant : "On a quand même le droit de manifester dans ce pays". 

Prêté pour le week-end

Dans ces conditions, les manifestants ont pu emporter le portrait encadré et déambuler avec l'effigie du Président à l'envers, en signe de dénonciation de sa politique. Ils l'ont récupéré vendredi soir après la fermeture de la mairie, et le portrait devait être raccroché lundi matin à la réouverture. Une solution accommodante pour les Gilets jaunes, qui espèrent ainsi s'éviter un procès, comme cela a été le cas pour d'autres "décrocheurs". 

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"Le prêt nous a soulagés en un sens. On prend moins de risques et c'est de manière légale", a expliqué à RTL un manifestant. "Le portrait, il n'y a aucune dégradation faite dessus, on y a fait très attention."

L'initiative du maire LR de Vienne n'a pas été du goût de la majorité. Le délégué général d'En Marche, Stanislas Guerini, a demandé "une condamnation claire" de cet acte aux trois candidats à la présidence du mouvement LR. Plusieurs députés LaREM, à l'instar de celle de l'Isère Caroline Abadie, ont accusé l'édile de faire "de bas calculs électoralistes sur le dos du climat" et "d'abîmer les institutions de la Ve République". 

"Ce maire déshonore son mandat d'élu local, premier échelon de la République française", a également jugé Mireille Clapot, députée LaREM de la Drôme. 

Sur son compte Facebook, Thierry Kovacs a estimé que son rôle était "d'assurer la tranquillité publique sur le territoire" de sa commune et que cela passait par "le dialogue" avec les représentants des Gilets jaunes. "La manifestation s'est déroulée dans le calme, avec près de 300 personnes", explique-t-il, et "aucun geste déplacé n'a, à ma connaissance, été commis".

Thierry Kovacs est candidat à sa réélection à la mairie de Vienne en mars 2020. Le mouvement LaREM a investi une candidate, Florence David, pour tenter de le détrôner. 

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