Violences à Moirans : la droite en ordre dispersé contre le gouvernement

Violences à Moirans : la droite en ordre dispersé contre le gouvernement

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LAXISME OR NOT - Mercredi à l'Assemblée nationale, les violences de la veille à Moirans (Isère) impliquant les gens du voyage étaient sur toutes les langues. Généralement prolixe dans sa dénonciation du "laxisme" du gouvernement, l'opposition s'est montrée, pour le coup, plutôt partagée.

Pour une fois, ce n'est pas (seulement) la faute de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Au lendemain des violences qui ont touché la commune de Moirans (Isère), impliquant la communauté des gens du voyage, l'opposition s'est montrée plutôt partagée dans sa dénonciation du "laxisme" présumé du gouvernement.

Surtout dans une affaire où  c'est précisément la fermeté d'un juge refusant une permission de sortie à un détenu qui a causé ces débordements . Le matin même, le sénateur Les Républicains Roger Karoutchi n'y allait pas de main morte. "Un Etat qui ne réagit pas avec force chaque fois que l'ordre républicain est remis en cause par la violence est un Etat qui prépare la dictature", vitupérait ce proche de Nicolas Sarkozy.

"L'Etat a fait son devoir"

"Dictature ? Je n'irai pas jusque-là", a répondu le député LR Claude Goasguen, sollicité par metronews sur le sujet dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Saluant la fermeté de la justice dans ce dossier, l'élu parisien a même estimé que "ce n'est pas un problème de l'Etat, mais de la société". "L'Etat a fait son devoir, je souhaite qu'il le fasse jusqu'au bout", a-t-il ajouté, tout en pointant - tout de même - un climat favorable à ces débordements.

D'autres préféraient opérer un distinguo entre l'attitude de la justice et celle du ministère de l'Intérieur. "Le problème, dans ce cas précis, ne vient pas spécialement de la politique de la garde des Sceaux", explique ainsi le député LR de la Manche, Philippe Gosselin. "Il vient plutôt du ministère de l'Intérieur, qui n'a pas été assez prompt à réagir mardi."

"Sentiment d'impunité"

A défaut d'accuser le gouvernement dans cette affaire précise, la droite s'est mise d'accord sur un point : les événements de mardi seraient le produit d'un "climat" lié à l'inaction du pouvoir, notamment lors des précédents faits du mois d'août impliquant déjà les gens du voyage. "On a tous en tête les images de l'autoroute bloquée fin août, résume Philippe Gosselin. Cela crée un sentiment d'impunité, d'être au-dessus des lois."

Même son de cloche du côté du député UDI Hervé Morin, qui a comparé la réponse policière aux violences en Isère avec l'envoi de CRS, la veille, contre les avocats qui manifestaient contre la réforme de l'aide juridictionnelle à Lille. Ou de Patrick Ollier (LR), pour qui le climat actuel "renforce la conviction de ceux qui se croient intouchables". Finalement, c'est le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui réconcilie tout le monde : pour lui, "gauche et droite confondues" sont responsables d'une "politique judiciaire laxiste". "Ces gens du voyage, assure l'élu, ça fait des années qu'ils font la loi dans nos villes en défiant les pouvoirs publics qui se sont souvent écrasés". Même si, bien sûr, "il y en a de très bien".

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