Violences à Paris : Ségolène Royal souhaite que les Champs-Elysées soient fermés pour les prochaines manifestations

Politique
BOUCLER - Ségolène Royal a estimé dimanche sur LCI qu'il faudrait "que les Champs-Elysées ne soient plus accessibles lors des manifestations". Une mesure difficile à mettre en place, et qui avait déjà été envisagée par les autorités.

Faut-il "sanctuariser" les Champs-Elysées comme le souhaite Ségolène Royal ? Invitée de l'émission En Toute Franchise sur LCI dimanche soir, l'ancienne ministre de l’Environnement a estimé "qu'il faudrait que les Champs-Elysées ne soient plus accessibles lors des manifestations". Évoquant la "charge symbolique" de l'avenue comme justification de ce blocage, l'ancienne ministre a toutefois ajouté que ce ne serait "pas facile techniquement". 


Une mesure qui fait écho à celle envisagée par le gouvernement dimanche soir, à la suite d'un nouveau samedi de violences sur les "Champs". Selon le Parisien, le Premier ministre envisage une interdiction de manifester sur l'avenue parisienne pour les prochaines mobilisations des Gilets jaunes. 

La moitié de la capitale fermée?

Mais cette mesure demande de gros moyens. Car pour rendre l'avenue des Champs-Elysée inaccessible, il faut également fermer toutes les rues adjacentes. Une opération d'ampleur qui nécessiterait de boucler une bonne partie du centre de Paris. En novembre, alors que le mouvement des Gilets jaunes n'en n'était qu'à ses prémices, et sortait d'un "acte 2" marqué par de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, un "périmètre d'interdiction des rassemblements et manifestations" avait été dressé autour de la place de la Concorde et du palais présidentiel. Mais le haut des "Champs" ne faisait pas partie de ce périmètre bouclé. 


Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur s'était d'ailleurs justifié à ce propos : "Nous aurions pu interdire complètement les Champs-Élysées et fermer Paris, mais nous n'avons fait pas ce choix-là. Nous avons appelé à la responsabilité de chacun", avait-il déclaré. Et il s'était défendu de n'avoir décidé la fermeture totale de l'avenue : "Si nous avions fermé les Champs-Élysées ainsi que l'intégralité des rues adjacentes, c'est à peu près la moitié de la capitale qui aurait été fermée pour 8000 manifestants". 

Barrages filtrants

Fin novembre pour le troisième week-end de manifestations, afin de ne pas reproduire les erreurs de "l'acte II", le ministère de l'Intérieur avait fermé les Champs-Elysées à la circulation, laissant seulement l'accès aux piétons grâce à la mise en place de barrages filtrants. Fouille des sacs, contrôles d'identité, tout avait été mis en place pour éviter de nouveau affrontements violents. Mais ce dispositif n'avait pas permis d'éviter des violences et des scènes d'émeutes dans d'autres quartiers de la capitale. 


L'interdiction des Champs avait une nouvelle fois été évoquée, mais le coût humain et financier avait eu raison de cette option. Samedi 24 novembre, pour "l'acte II", 44 compagnies de CRS assuraient la sécurité sur l'avenue, soit 3000 hommes. "Pour assurer la sécurité des Champs Elysées, il faudrait, par rapport à samedi (24 novembre), 11 compagnies supplémentaires", alertait à l'époque Frédéric Lagache, secrétaire général syndicat police Alliance, et déclarait "on voit bien qu'on ne peut pas avoir 11 compagnies supplémentaires vu l'état des effectifs". 

Matignon reconnait des "dysfonctionnements"

Samedi 16 mars, de nouvelles violences et de très nombreuses dégradations sur les Champs-Elysées ont valu au ministère de l'Intérieur de nouvelles critiques. Dimanche soir, Matignon a reconnu des "dysfonctionnements" dans le dispositif de maintien de l'ordre lors de la manifestation de samedi, un dispositif qui avait déjà subit des adaptations après la manifestation particulièrement tendue du 1er décembre

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