Violences contre les élus : "l’État paiera les frais d’avocats, au nom de la solidarité nationale", annonce Sébastien Lecornu

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L'INTERVIEW POLITIQUE - Sébastien Lecornu, ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, était l'invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI ce jeudi 12 septembre 2019. L’occasion de revenir sur la mise en examen de Richard Ferrand, les agressions contre les maires et les élections municipales en 2020.

"Il faut faire attention, nous sommes dans une période où le bashing contre les élus est rapide." Interrogé par Élizabeth Martichoux ce jeudi 12 septembre sur LCI, Sébastien Lecornu n’allait pas échapper aux questions sur la mise en examen de Richard Ferrand, dans la nuit, pour "prise illégale d’intérêts", mais le ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales chargé des collectivités territoriales est vite retombé sur ses pattes en faisant ainsi le lien avec la thématique pour laquelle il avait été initialement invité.

 

Ce jeudi, Sébastien Lecornu reçoit dix maires ayant été agressés dernièrement pour affiner avec eux la série de mesures d’accompagnement que le gouvernement va mettre en place pour mieux protéger les élus locaux dans l’exercice de leur mandat. "En 2018, on a compté 361 agressions, dont 40% sont physiques et 60% verbales, sans même compter les réseaux sociaux. Déjà, on veut dire à ces maires qu’ils ne sont pas seuls. Ensuite, on veut être sûrs d’adapter notre dispositif à ce qu’ils ont vraiment connu. L’idée est de regarder de près ce qu’ils s’est passé pour eux", a détaillé le ministre. 

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Concernant leur prochaine nouvelle protection, Sébastien Lecornu indique : "On constate que, souvent après une agressions, ils se retrouvent seuls au tribunal. L’État paiera les frais d’avocats, au nom de la solidarité nationale, parce que les maires agissent en tant qu’agents de l’État. La réponse pénale doit être plus importante, les maires étant dépositaires de l’autorité publique, il peut y avoir des aggravations des peines pour les agresseurs. L’État mettra aussi en œuvre un soutien psychologique, pour qu’ils puissent parler et être accompagnés." En outre, ils disposeront de nouveaux outils administratifs. "Un maire pourra sanctionner d’une amende un de ses concitoyens", cite, à titre d’exemple, le ministre.

Enfin, le gouvernement prévoit de faire évoluer leur indemnisation. "Dans les petites communes rurales, un maire peut ne toucher que jusqu’à 600 euros. Dans d’autres, cela peut aller jusqu’à 1.200 euros. On va donc mettre en place un seuil unique de leur indemnité, mais qui sera modulable en fonction des finances de la ville, pour les villes comptant jusqu’à 3.500 habitants. Ce sera aux frais des communes, l’État ne compensera pas", précise Sébastien Lecornu, qui n’exclut pas de se présenter lors des prochaines élections municipales à Vernon. "Je trouve cela bien que les ministres aillent aux municipales, j’encourage mes collègues à le faire, il n’y a pas plus bel engagement."

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