Violences policières : "Emmanuel Macron a fait une concession à la gauche"

Violences policières : "Emmanuel Macron a fait une concession à la gauche"

INTERVIEW - En reconnaissant vendredi dernier sur Brut qu'il y avait des violences policières, Emmanuel Macron s'est attiré les foudres de la droite. Pourquoi a-t-il pris ce risque, et choisit de donner des gages à la gauche ?

"Je n'ai pas de problème à répéter le terme de violences policières, mais je le déconstruis", a déclaré Emmanuel Macron vendredi dernier sur Brut. Une prise de position inattendue pour le chef de l'État, qui faisait notamment référence à l'agression du producteur de musique Michel Zecler par plusieurs policiers. Toutefois, il a précisé qu'il préférait utiliser l'expression "violences par des policiers", "violences policières" étant devenue selon lui "un slogan pour des gens qui ont un projet politique".

Mais en reconnaissant la violence de certains agents de police, le chef de l'État s'est attiré les foudres de la droite, qui ce lundi encore par la voix du député LR Eric Ciotti l'enjoint à s'excuser. "J'ai été très choqué par ces déclarations, je crois que c'est une faute (...) à l'égard des policiers qu'il a blessés" mais "c'est une faute aussi à l'égard du pays", a déclaré l'élu des Alpes-Maritimes sur France 2.

Une prise de position de la droite qui montre bien que le chef de l'État a plutôt fait un pas vers la gauche, comme l'explique à LCI le communicant politique et professeur à Sciences-Po, Philippe Moreau-Chevrolet.

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L'épineuse question des violences policières

Emmanuel Macron a reconnu vendredi dernier lors d’une interview à Brut qu’il existait des "violences par des policiers". Pourquoi maintenant ?

L’insistance de Rémy Buisine, lui-même victime de violences policières, a contraint Emmanuel Macron à reconnaître leur existence. Longtemps le gouvernement a évité d’utiliser ce terme pour donner des gages aux syndicats policiers et jouer l’apaisement, mais ils ont été obligés d’y renoncer sous la pression des événements récents. Le Président a renoncé à ce qui était une concession de longue date.

En refusant pendant longtemps de reconnaître les violences policières, quel était le but du gouvernement ?

Le gouvernement avait fait de ce terme un enjeu, et de la bataille sémantique qui l’entoure un enjeu de communication. C’était pour lui une manière de faire du ‘en même temps’. D’un côté, on reconnaît un problème de violence au sein de la police, mais de l’autre, on ne le dit pas. C’était un moyen de rester entre les manifestants et la police, de dire aux premiers ‘on vous comprend’, et aux seconds ‘on vous soutient’. Sa volonté était de maintenir l’équilibre, en ne chargeant pas trop la police et en ne donnant pas complètement satisfaction aux manifestants, tout en reconnaissant qu’il y a des problèmes. C’était une forme d’hypocrisie utile. Le problème c’est que le 'en même temps' mécontente les deux, à la fois les policiers et les manifestants.

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En reconnaissant qu’on peut utiliser le terme violences policières, Emmanuel Macron a fait une concession à la gauche. Son ‘en même temps’ n’était plus tenable. On voit avec la crise sanitaire et économique que le clivage gauche/droite fait son retour. Il est donc de plus en plus difficile de maintenir le ‘en même temps’. Il était obligé de prendre position. 

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