Violences présumées : le ministre Jean-Michel Baylet va porter plainte pour diffamation

Violences présumées : le ministre Jean-Michel Baylet va porter plainte pour diffamation
Politique

POLITIQUE - Le ministre de l'Aménagement du territoire, Jean-Michel Baylet, annonce vouloir porter plainte pour diffamation. Il est accusé, notamment par la députée Isabelle Attard, d'avoir violenté une de ses collaboratrices.

Au lendemain de la publication d'une lettre ouverte adressée au Président, demandant la démission de Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du Territoire, ce dernier envisage de déposer plainte pour diffamation. Il est soupçonné d’avoir violenté son assistante parlementaire, avant de la forcer à démissionner et d’acheter, au moyen d’une transaction, tout risque de poursuites.

A la suite des révélations du site Buzzfeed News, qui avance que le ministre a violenté une de ses collaboratrices, la députée du Calvados Isabelle Attard l'avait interpellé en séance à l'Assemblée. Cette collaboratrice a déclaré avoir été "frappée au visage, à plusieurs reprises" et "vous avez enfermé votre collaboratrice chez vous", avant de la laisser dans la rue "entièrement dévêtue et pieds nus", avait affirmé la députée. Quand cette affaire est sortie, en mars 2016, "vous avez choisi le silence" et "vous ne serez jamais condamné, puisque vous avez acheté le silence de votre victime", avait encore accusé Mme Attard.

Cette lettre ouverte, signée par Isabelle Attard ainsi qu'une trentaine de premiers signataires, dont Julien Bayou, porte-parole national d'EELV, l'acteur Sam Karmann ou le député du Morbihan Philippe Noguès (ex-PS), a ensuite été mise en ligne. Ce vendredi matin, la lettre totalisait quelque 3300 signataires.

Classée sans suite

Ces faits, s’ils sont avérés, constituent pour Isabelle Attard un véritable obstacle à la fonction politique. "Monsieur le président de la République, nous demandons la démission de Jean-Michel Baylet, actuel ministre de l'Aménagement du Territoire. Il a frappé et humilié sa collaboratrice en 2002. Un tel individu n'a pas sa place au gouvernement. #BayletDémission", écrivent les signataires de cette lettre publiée sur le site de pétition "we sign it".

Ils poursuivent : "En 14 ans, jamais Monsieur Baylet n’a contesté ces faits. Ni en public, ni devant la justice. […] Jusqu’à ce mardi 11 octobre 2016." En réponse aux allégations de la députée, Jean-Michel Baylet a en effet expliqué qu’"il y a eu une instruction judiciaire dans cette affaire", finalement "classée sans suite".

"De notoriété publique"

Des affirmations pourtant mises à mal par le gendarme en charge de l’enquête, qui a indiqué à Buzzfeed News, sous couvert d’anonymat, qu’aucune instruction judiciaire n’a vu le jour dans cette affaire, le procureur de Montauban ayant ordonné l’arrêt de l’enquête. "Ce mensonge d’un ministre à l’Assemblée nationale a un triste précédent : le mensonge du ministre Jérôme Cahuzac en 2013", poursuit Isabelle Attard. "Monsieur le Président, vous avez commis une erreur en nommant Jean-Michel Baylet ministre, alors que cette agression était de notoriété publique. Il est encore temps pour vous de limoger ce ministre. Sinon, votre erreur deviendra une faute."

Face à ces accusations, les avocats de Jean-Michel Baylet avaient prévenu : "A la suite des attaques menées sur internet par Madame Isabelle Attard" à l'encontre du ministre, celui-ci les avait chargé "d’engager des poursuites en diffamation". "En effet, ces attaques contiennent des propos mensongers, font état d’un témoignage anonyme des plus douteux et accusent Monsieur Jean-Michel Baylet d’avoir menti devant l’Assemblée Nationale. La plainte sera déposée dans les jours qui viennent", indiquaient-ils par communiqué en début de semaine.

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