"L'année 2018 sera celle de la cohésion" : avant ses vœux 2019, qu'avait dit Emmanuel Macron l'année dernière ?

Politique
IL Y A UN AN... UNE ÉTERNITÉ - Après 20 mois au pouvoir, Emmanuel Macron prononce, lundi 31 décembre 2018, ses deuxième voeux présidentiels à la Nation. L'occasion de revenir sur la première édition et sur ce que le chef d'Etat avait su anticiper de cette année... et surtout ce qu'il n'avait pas vu venir.

"N'oubliez jamais que nous sommes la Nation française". C'est avec cette phrase inattendue qu'Emmanuel Macron avait conclu, le 31 décembre 2017, ses premiers voeux aux Français. Une formule qui avait suscité des remarques amusées de la part de certains observateurs, quand d'autres y voyaient un appel à l'optimisme. Alors que le président revient présenter ses voeux à la nation, lundi 31 décembre à 20h, que reste-t-il de la précédente allocution ? LCI a réécouté ce discours d'il y a un an... une éternité. 

"Toujours j'écouterai. [...] Et toujours, je ferai."

C'est dans une situation plutôt confortable que se présente Emmanuel Macron dans son bureau de l'Elysée ce 31 décembre 2017. Fort de réformes passées non sans difficulté mais sans concession (ordonnances réformant le code du travail, budget 2018 comprenant la suppression de l'ISF), il prévient, dès les premières minutes : "Les transformations profondes ont commencé, elles se poursuivront avec la même force, le même rythme, la même intensité pour l'année 2018." Des mots qui raisonnent avec familiarité, alors que, crise des Gilets jaunes oblige, la majorité a exhorté l'exécutif à revoir sa méthode.


Mais le 31 décembre 2017, Emmanuel Macron est ferme, inflexible : "Toujours, j'écouterai. [...] Et toujours, je ferai [...] Car c'est ce dont notre pays a besoin et c'est ce que vous attendez de moi." Façon de dire aux opposants que le train des réformes libérales qu'il a entamées ne s'arrêtera pas en gare. C'est peu de dire que, de coups de mou, il n'y a pas eu. Et notamment sur la réforme de la SNCF - portant notamment sur le statut des cheminots -, dont il n'a soufflé mot pendant son discours mais qui a suscité un mouvement de protestation tout le long du printemps. Ou sur Parcoursup, qui a fait sortir lycéens et étudiants de leurs salles de cours pour grossir les cortèges des mécontents.

"Les divisions irréconciliables minent notre pays"

De ces vœux, on retiendra également les mantras martelés par le président : "C'est aussi par le travail que notre nation sera plus forte. Parce qu'elle produira, parce qu'elle s'enrichira. Je le défendrai sans relâche, en permettant à chaque travailleur de gagner davantage." Des déclarations jamais mises de côté tout au long de l'année quand, accusé de n'avoir rien fait pour le pouvoir d'achat des plus modestes, l'exécutif mettra en avant la baisse des cotisations salariales, finançant la hausse du salaire net par le salaire brut, ou la suppression à venir de la taxe d'habitation. 


Mais surtout, c'est une phrase qui, aujourd'hui fait rire les férus de la vie politique : "L'année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la nation". Une prédiction que Gilets jaunes, opposants et sceptiques de la politique mise en place par le gouvernement ne se lassent pas de voir remonter. "Nous nous sommes, trop longtemps, trop souvent divisés. Les débats sont nécessaires, mais les divisions irréconciliables minent notre pays." Un vœu pieux, que le mouvement des Gilets jaunes s'est chargé d'éteindre, rappelant ça et là les fins de mois difficiles et l'injustice fiscale, mais aussi le sentiment d'exclusion, dans les phrases polémiques  d'Emmanuel Macron, des "Gaulois réfractaires au changement" au "pognon de dingue" que coûteraient les aides sociales, sans oublier ce jeune chômeur à qui il avait intimé de "traverser la rue" pour trouver du travail dans un domaine de compétence qui n'est pas le sien. Une attitude dont il a convenu début décembre "qu'elle avait pu blesser".

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Emmanuel Macron : les défis de 2019

Un souvenir, également, à l'écoute de ces premiers vœux présidentiels : une référence isolée à l'écologie, dans son appel à faire de l'Europe une "puissance économique, écologique, sociale et scientifique" (et en encourageant les Européens à faire entendre leur voix via... une consultation citoyenne). Une absence relative qui dépare avec les discours ayant justifié le maintien de la hausse de la taxe honnie sur les carburants... avant de rebrousser chemin. Attendu sur l'urgence climatique, autant que sur la revitalisation de notre démocratie et la lutte contre les inégalités, Emmanuel Macron reviendra-t-il sur ses vœux de 2018 pour écrire ceux de 2019 ? Rendez-vous ce 31 décembre à 20h pour le savoir.

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