Vol Tokyo-Paris d'Edouard Philippe : la longue liste des polémiques autours des déplacements officiels

Vol Tokyo-Paris d'Edouard Philippe : la longue liste des polémiques autours des déplacements officiels

VALLSGATE– La récente polémique sur le vol Tokyo-Paris à 350.000 euros d'Edouard Philippe et de sa délégation en rappelle bien d'autres. Manuel Valls à Berlin en 2015, Nicolas Sarkozy en Egypte en 2007, François Hollande à Tulle en 2014... LCI récapitule quelques unes de ces polémiques autour des déplacements aériens.

Edouard Philippe a beau "assumer complètement" le coût du vol Tokyo-Paris du 5 décembre dernier - 350.000 euros pour le Premier ministre et sa délégation -, le chef du gouvernement parvient difficilement à clore cette nouvelle polémique sur les déplacements officiels. 


Au-delà de la question du coût du voyage, les déplacements aériens des présidents de la République ou de leurs ministres font depuis longtemps l'objet de nombreuses critiques. L'une des dernières en date concernait, en 2015, Manuel Valls, alors Premier ministre. Et si Edouard Philippe est mis en cause pour un déplacement lié à sa seule fonction, d'autres, par le passé, mêlaient parfois subtilement mission officielle et intérêts privés.

En vidéo

Polémique autour du Tokyo-Paris à 350000 euros d'Edouard Philippe

2015 : Manuel Valls à Berlin

Le 6 juin 2015, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a affrété un Falcon de la République pour se rendre, avec ses deux enfants, à la finale de la Ligue des champions, qui se tenait à Berlin. Ses détracteurs ont alors dénoncé un déplacement privé sur les derniers de l'Etat. L'ancien chef du gouvernement avait au contraire affirmé qu'il s'agissait d'un déplacement officiel, soutenu dans ce sens par l'ancien patron de l'UEFA Michel Platini. Le trajet aura coûté près de 14.000 euros aux contribuables. 

2014 : Hollande et le Paris-Tulle en Falcon

En mars 2014, François Hollande, président de la République, réquisitionne son Falcon pour... Aller voter aux élections municipales à Tulle, où il a toujours son bureau de vote. Le coût du vol Paris-Tulle, 9.200 euros pour effectuer 400 km, suscite une nuée de critiques, d'autant que l'ex-chef de l'Etat s'était engagé à être exemplaire dans ses déplacements. Face à la polémique, François Hollande a changé de méthode par la suite. En mai 2014, pour les élections européennes, il a décidé de prendre la voiture pour se rendre à Tulle. Résultat : 10 heures de route aller-retour.


En 2016, la Cour des comptes avait évalué le coût moyen d'un déplacement en avion de François Hollande à plus de 168.000 euros

2013 : Hollande et Sarkozy font avion à part

Pour se rendre aux funérailles de Nelson Mandela en Afrique du Sud, en décembre 2013, François Hollande devait convier Nicolas Sarkozy à bord de l'avion officiel. Finalement, pas question pour les deux hommes de partager le même avion une nuit durant. Il faudra donc mobiliser trois Falcon au total pour permettre leur voyage. Coût de l'opération : entre 230.000 et 360.000 euros selon les estimations.

Les voyages dispendieux des ministres de Sarkozy

Durant la campagne pour les élections régionales de 2010, l'ancien Premier ministre, François Fillon, a englouti près de 300.000 euros de déplacements en avion pour soutenir les candidats de droite. La note a été réglée non par l'Etat, mais par l'UMP. Au moment moment, l'ex-secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet,aujourd'hui, sénateur, a loué le jet privé d'une compagnie portugaise pour se rendre à une conférence à Fort-de-France. Coût : 116.500 euros pour ce déplacement de 36 heures, cette fois aux frais du contribuable. 


En janvier 2008, l'actuel maire LR de Nice, Christian Estrosi, alors secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, avait déjà créé la polémique en effectuant un trajet Paris-Washington en jet pour un montant de 138.000 euros afin d'aller défendre le classement par l'Unesco d'un récif corallien de Nouvelle Calédonie. Motif : il voulait effectuer le déplacement rapidement pour ne pas manquer une réception à l'Elysée. 

Le Noël de Nicolas Sarkozy

Sept mois après son élection, Nicolas Sarkozy s'est envolé avec Carla Bruni, en décembre 2007, pour un voyage à Louxor , en Egypte. Bilan : trois avions utilisés, dont un Falcon de l'homme d'affaires Vincent Bolloré, et deux Falcon officiels. Le couple a effectué son voyage aller dans l'appareil du grand patron, tandis que son staff occupait le Falcon de l'Escadron de transport, d'entraînement et de calibration (Etec). Le troisième Falcon, celui de l'Elysée, n'a servi qu'au retour à Paris.


Plusieurs polémiques autour de ses déplacements ont conduit l'ex-président à changer de méthode. En juillet 2009, il a ainsi décidé de se rendre à New York avec son épouse à bord d'un avion de ligne payé sur ses deniers personnels, pour un concert en hommage à Nelson Mandela. Mais la Cour des comptes signalera au chef de l'Etat le coût exorbitant du personnel qui l'accompagnait à bord. Sans oublier, encore, ce fameux Falcon Etec officiel qui suivait le président à vide , comme l'y oblige le protocole. Un ultime exemple qui montre à quel point la question du coût des déplacements officiels est difficile à résoudre. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter