Vote blanc, fiscalité, écologie... immigration : que retenir de la "lettre aux Français" d'Emmanuel Macron ?

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Grand débat national : l'heure des annonces

EN RÉSUMÉ- Le président a rendu publique dimanche soir sa "lettre aux Français", un document présentant une trentaine de questions visant à cadrer les thèmes du "grand débat national" qui doit démarrer dans les prochains jours. Au menu, transition écologique, démocratie, fiscalité et organisation de l'Etat.

Au lendemain d'un neuvième samedi de manifestations des "gilets jaunes" marqué par un regain de mobilisation, le chef de l'Etat a rendu publique, dimanche soir, sa "lettre aux Français". Le document est arrivé quelques jours avant l'ouverture du "grand débat national", promis lors de son allocution télévisée du 10 décembre dernier. 

Dans sa longue lettre Emmanuel Macron pose 32 questions, pour encadrer le grand débat et tenter de "transformer les colères en solutions". Le président de la République affirme qu'il "tirera toutes les conclusions" de cette consultation inédite qui sera lancée mardi. 

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"Il n'y aura pas de questions interdites" annonce Emmanuel Macron, prévenant : "Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie." Les citoyens pourront s'exprimer partout en France, lors de débats "près de chez vous", ou "sur internet" annonce-t-il. 

Le président dessine quatre grands thèmes du débat : la fiscalité et les dépenses publiques ; l'organisation de l'Etat ; la transition écologique et enfin la démocratie, la citoyenneté et la laïcité. Et puis Emmanuel Macron ajoute qu'il sera possible d'évoquer "n'importe quel autre sujet concret dont vos auriez l'impression qu'il pourrait améliorer votre quotidien". 

L'ISF ne sera pas réinstauré

S'il ne semble pas y avoir de "questions interdites" certains sujets ne feront pas l'objet de discussions. Alors que la suppression de l'impôt sur la fortune avait été largement commentée au début du mandat d'Emmanuel Macron, ce dernier a de nouveau écarté l'idée qu'il puisse être rétabli. Sans jamais citer précisément l'ISF il déclare : "nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises (...)" justifiant que ces mesures "viennent d'être votées et commencent à peine à livrer leurs effets". 

Autre point non négociable pour le chef de l'Etat, la remise en cause du droit d'asile. Il n'évoque pas d'autres points que le gouvernement ne veut pas mettre sur la table, comme la peine de mort ou l'IVG. 

Vote blanc, proportionnelle et RIC?

Au milieu de questions attendues, comme celle sur la possibilité de compter les votes blancs ou d'une dose de proportionnelle, Emmanuel Macron appelle également à une "démocratie plus participative". "Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ? Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l'initiative ?" pose-t-il à ce propos. Il ouvre ainsi la porte au référendum d'initiative citoyenne (RIC) réclamé depuis plusieurs semaines par une partie des "gilets jaunes". 

Il aborde également le sujet de la réduction du nombre de parlementaires, et de la réforme du Sénat : "Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental (Cese) doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?"

Immigration, l'ouverture aux quotas ?

Enfin, outre la question de la transition écologique, qu'il juge "essentielle à notre avenir" et sur laquelle il faut selon lui "investir massivement et accompagner nos citoyens les plus modestes", Emmanuel Macron ouvre également le débat sur la question de l'immigration. La "tradition" d’accueil de la France est selon lui "aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration". En filigrane de son texte le président ouvre la voie à un retour des quotas en matière d'immigration : "Une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?", demande-t-il.

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