Vote de confiance au gouvernement : qui vote pour, qui vote contre, qui s'abstient ?

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RÉCAP - Mardi 4 juillet, les députés s'exprimeront lors du vote de confiance au gouvernement. Alors que l'Assemblée devrait compter 8 groupes parlementaires - un record depuis la Troisième République - LCI passe en revue les forces politiques en présence.

À première vue, c'est un sac de noeuds. À une dizaine de jours du vote de confiance au gouvernement, qui aura lieu le 4 juillet, après le discours de politique générale d'Edouard Philippe, il n'est pas très aisé de reconnaître qui fait partie de la majorité, qui s'y oppose, ou qui veut être "constructif". Jamais, malgré un très grand groupe de marcheurs, l'Assemblée n'a compté autant de groupes parlementaires sous la Cinquième République (7 pour l'instant, probablement 8 autour de Manuel Valls), et jamais ceux-ci n'ont semblé autant désunis.


Tous ces groupes parlementaires, qui seront officiellement constitués mardi 27 juin, n'ont pas encore arrêté leur décision concernant le vote de confiance au gouvernement. Mais le futur paysage politique se dessine progressivement au fil des déclarations. Qui votera pour ? Qui votera contre ? Qui ne votera pas ? Éléments de réponse.

Communistes et ultramarins : a priori contre (mais pas forcément tout le monde)

Ils font bande à part avec la France insoumise, mais promettent de travailler ensemble, notamment pour s'opposer à la réforme du code du travail voulue par le gouvernement d'Edouard Philippe. Voilà de quoi penser que la majorité du groupe voterait contre la confiance au gouvernemnt, le 4 juillet.


Mais qu'en est-il des députés ultramarins ? Quatre d'entre eux font partie du groupe, aux côtés des 11 communistes. Parmi eux, Bruno Nestor Azerot et Gabriel Serville, députés de Martinique et de Guyane, avaient voté la confiance du gouvernement Valls, en 2014, alors que le reste du groupe, composé de députés Front de Gauche, avait voté contre.

La France insoumise : "unanimement contre"

Selon le député Eric Coquerel, qui en fait partie, le groupe France insoumise (FI) devrait être "le seul groupe" à voter unanimement contre la confiance au gouvernement, le 4 juillet. Il y a peu de doute en tout cas que tous les députés FI voteront contre. Jean-Luc Mélenchon, qui devrait présider le groupe, avait promis le 18 juin "cohérent, discipliné, offensif". 

Le PS désuni entre pour, contre et abstentionnistes

Ce samedi, le Conseil national du Parti socialiste a adopté à 85% une résolution indiquant que les députés socialistes se "situaient clairement dans l’opposition au gouvernement d’Edouard Philippe" et qu’ils ne "voteront pas la confiance à ce gouvernement".


Pour autant, la formulation de cette résolution laisse laisser la porte ouverte à un vote d'abstention. Que fera la trentaine de députés socialistes ? Trois d'entre eux ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient pour la confiance : David Habib et Olivier Dussopt, proches de Manuel Valls, et Guillaume Garot, proche de Ségolène Royal.


Le PS n'a pas encore décidé si un vote pour était synonyme d'exclusion, mais pour le député Luc Carvouas, "ceux qui se revendiquent de la majorité présidentielle n'ont plus leur place au PS". Symbole de cet entre-deux, le probable futur président du groupe PS, Olivier Faure, annonçait que les socialistes ne vont pas "chercher à nuire, mais à construire".

Valls et les radicaux : a priori pour

C'est le dernier-né des groupes parlementaires, qui se formerait autour de radicaux de gauche, comme Sylvia Pinel, et Manuel Valls, écarté du PS depuis la présidentielle. L'ancien Premier ministre avait fait campagne sous l'étiquette "majorité présidentielle" pour les législatives, sans pour autant être investi par La République en Marche. De quoi penser que le groupe devrait voter la confiance au gouvernement Philippe, comme leurs homologues "constructifs" de droite.

La République en Marche : pour

Le vote de confiance du 4 juillet devrait être une formalité pour le gouvernement d'Edouard Philippe, assuré d'avoir le soutien des 308 députés de La République en Marche, soit plus que la majorité absolue de l'Assemblée. 

Le MoDem : pour

Tout porte à croire que les 42 députés du MoDem voteront pour la confiance au gouvernement, en dépit des départs en catimini de François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez. Deux représentantes du parti centrises se trouvent d'ailleurs au gouvernement : Geneviève Darrieussecq et Jacqueline Gourault. 

Les Républicains "constructifs" et l'UDI : des abstentions et quelques "pour"

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, l'a assuré sur RTL : "Dans le groupe, il y a un certain nombre de parlementaires qui souhaitent voter la confiance. La plupart souhaitent s'abstenir." Ce nouveau groupe, qui souhaite incarner une démarche "constructive" vis-à-vis de l'exécutif, pourrait soutenir le gouvernement sur certains projets, mais pas sur d'autres. 

Les Républicains : la grande inconnue

C'est une question en suspens au sein du deuxième plus gros groupe parlementaire. Et pour cause : voter contre un Premier ministre issu des Républicains ? Ce n'est pas ce que souhaite Christian Estrosi, ni Jean-Pierre Raffarin, tenants d'une ligne plutôt modérée. Mais eux ne sont pas députés. Face à eux, la ligne "dure", composée notamment d'Eric Ciotti ou de Laurent Wauquiez. Malgré le départ des députés LR les plus "Macron-compatibles" aux côtés de l'UDI, la droite risque de se déchirer une nouvelle fois d'ici le 4 juillet.

Le FN : contre

Les 8 députés FN ne forment pas de groupe parlementaire, même s'ils ont annoncé y travailler. Mais leur voix comptera quand même le 4 juillet. Et pas de doute possible : ils voteront contre la confiance au gouvernement Philippe.

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