"Vous en venez, vous, de l'extrême droite" : Valls met le feu à l'Assemblée

"Vous en venez, vous, de l'extrême droite" : Valls met le feu à l'Assemblée

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POLITIQUE - "M. Goasguen, vous en venez, vous, de l'extrême droite, vous savez ce qu'il en est." Cette répartie du ministre de l'intérieur à l'encontre d'un député UMP a mis le feu aux poudres à l'Assemblée. L'opposition a annoncé qu'elle allait boycotter mercredi les questions au gouvernement.

Coup de folie ce mardi au Palais Bourbon. A la source de cette brusque montée d'adrénaline, le rappel par Manuel Valls du passé d'"extrême droite" d'un député UMP en pleine polémique sur les violences de samedi à Nantes lors de la manifestation des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Depuis ces affrontements, les barons de la droite ont en effet mis en cause la responsabilité de la place Beauvau tandis que le FN dénonçait la "complaisance avec l'extrême gauche antifasciste" .

Face à ses accusations, le sang du bouillant ministre de l’Intérieur n'a fait qu'un tour cet après-midi. Répondant à une question d'un député UMP sur le sujet, il prend pour cible Claude Goasguen, député UMP de Paris et maire du XVIe arrondissement : "Face à l'ultra gauche, face à l'ultra droite et face à cette extrême droite, nous répondons. M. Goasguen, vous en venez, vous, de l'extrême droite, vous savez ce qu'il en est. Nous ne sommes complaisants avec personne, vous, vous êtes complaisants."

"Propos inadmissibles"

Aussitôt c'est la bronca sur les bancs de l'UMP. La quasi-totalité des députés du groupe quitte alors l'hémicycle en pleine séance tandis que Claude Bartolone tente en vain de calmer les esprits échauffés. Peu après, le député de droite Bernard Accoyer, resté sur son banc, dénonce des "propos inadmissibles, scandaleux" et appelle le ministre de l’Intérieur à "les retirer". Ce que ce dernier refuse de faire.

De son côté, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, glisse, au sujet de Claude Goasguen : "Chacun peut avoir ses erreurs de jeunesse", en affirmant que celui-ci a appartenu au mouvement d'extrême droite Occident à la fin des années 1960. Ce dont l'intéressé se défend : "Je n'ai jamais été membre d'Occident, contrairement à des proches comme Alain Madelin, Gérard Longuet, Patrick Devedjian, mais président de la Corpo d'Assas qui était incontestablement un rassemblement d'étudiants de droite." a rétorqué dans les couloirs Claude Goasguen.

Un boycott rarissime

S'il nie avoir jamais été d'extrême droite, il concède cependant qu'"étant alors partisan de l'Algérie française, [il a] soutenu Jean-Louis Tixier-Vignancour [candidat d'extrême droite à la présidentielle de 1965, ndlr]. Mais tous ceux qui défendaient l'Algérie française n'avaient pas une démarche d'extrême droite", se justifie-t-il.

Mais l'opposition n'en reste pas là puisque dans la soirée, Christian Jacob chef des députés UMP dénonce dans un communiqué des "insultes inacceptables" et une "perte de sang-froid" du ministre de l’Intérieur. Avant d'annoncer : "Faute d'excuses formelles, les députés UMP boycotteront la séance de questions au gouvernement de demain [mercredi, ndlr]." Ce n'est que la deuxième fois depuis l'instauration des questions au gouvernement qu'un tel boycott se produit. Le précédent remonte en 2009 quand l'opposition socialiste avait usé de la chaise vide pour protester contre une réforme du règlement de l'Assemblée. 

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