"Vous pigez ? " : la drôle de proposition de Sarkozy à un militant UMP

Politique

MARCHE CONCLU - Lors d'un meeting, un militant souhaitait poser une question à l'ex-chef de l'Etat sur l'affaire Bygmalion. Nicolas Sarkozy a préféré lui proposer un poste.

Un poste contre le silence. Nicolas Sarkozy a été surpris en flagrant délit en train d'acheter le silence d'un militant UMP. "Complèment d'enquête" a diffusé jeudi soir sur France 2 un reportage sur l'affaire Bygmalion, le système de fausses factures qui a permis à l'ex-chef de l'Etat de dépasser, en 2012, le montant maximum autorisé par la loi des dépenses liées à une campagne présidentielle.

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Les journalistes ont notamment suivi un militant niçois qui a porté plainte contre son parti pour connaître la vérité autour des dérives financières de la dernière campagne de Nicolas Sarkozy. Le militant a alors profité du passage du candidat à la présidence de l'UMP dans sa ville, le 21 octobre dernier, pour l'interroger lors d'une série de questions-réponses avec le public. Mais surprise, quelques minutes avant le début de la réunion publique, le militant est invité à rencontrer Nicolas Sarkozy dans les coulisses. Son micro est encore branché, permettant au journaliste d'entendre la justification de l'ancien président de la République :

"Vous pigez ?"

"Cette affaire Bygmalion, il y a une combine, c’est sûr. Mais la justice est saisie. Je vais vous dire une chose : celui qui est le plus déterminé à faire payer ceux qui ont fait des mauvaises choses, c’est moi ! Parce que moi, j’ai les épaules larges, hein ? Puisque naturellement derrière, qui est-ce qu’ils visent ? C’est moi, personne d’autre !" Le militant lui demande s'il pourra poser sa question en public : "Je vais vous dire un truc : vous serez nommé dans la commission financière que je mettrai auprès du... On va pas en chercher un autre, pourquoi donc ? Vous serez dans le petit groupe où on va mettre quatre ou cinq personnes, dont un représentant des militants. Je vous propose de l’être, OK ?" "Volontiers", lui répond le militant.

Et Nicolas Sarkozy d'ajouter : "Comme ça, c’est bon ? Et puis, on ne peut pas dire que je vous ai circonvenu, que je vous connais... que l’on s’est arrangé pour que ce soit vous". Le militant insiste toutefois, désirant absolument aborder ce sujet en public : "Si vous voulez poser la question, moi je vous dis, je suis pour la liberté, mais comme ça, vous avez les éléments. Vous pigez ?".

De retour dans la salle, le militant n'a jamais réussi à obtenir la parole. Le micro lui échappant à chacune de ses demandes.

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