Yannick Jadot : "Macron fait de beaux discours, mais ce n'est pas ça qui résout la crise écologique"

Yannick Jadot : "Macron fait de beaux discours, mais ce n'est pas ça qui résout la crise écologique"

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CRITIQUES - Alors qu'Emmanuel Macron a réuni à Paris une cinquantaine de chefs d'Etat pour lutter contre le réchauffement climatique et consolider les engagements de la COP 21, les écologistes critiquent son action sur le plan national. Pour le député européen EELV Yannick Jadot, "la diplomatie ne supprime pas une seule tonne de carbone".

Ce mardi, Emmanuel Macron a réuni plusieurs dizaines de dirigeants, chefs d’entreprises et personnalités pour un sommet sur le climat. Le but est de donner un coup d’accélérateur au financement de la lutte contre le changement climatique deux ans après la COP 21 et après la décision de Donald Trump de quitter le pacte historique signé à ce moment-là. 


Mais si, ces derniers mois, Emmanuel Macron s’est positionné comme le grand défenseur de la planète et du climat sur la scène internationale, ses actions sur le plan national, trop peu nombreuses et trop peu visibles, sont critiquées. Ainsi ce mardi matin, avant le début du "One Planet Summit", plusieurs ONG se sont rassemblées devant le Panthéon pour demander des engagements au chef de l’Etat français.


Les centaines de militants présents étaient munis de pancartes sur lequelles était écrit : "Une France exemplaire", "OGM non merci" ou "Pas un euro de plus pour les énergies du passé". L’ONG 350.org a dénoncé un sommet qui est "une opération de communication pour Emmanuel Macron". Le député européen EELV Yannick Jadot, que nous avons interrogé, est du même avis.

L’environnement a toujours été un eldorado de la communication politique."Yannick Jadot

"L’environnement a toujours été, et est encore un eldorado de la communication politique. Chirac, Sarkozy, Hollande et maintenant Macron ont fait de beaux discours sur l’écologie. Mais la crise écologique ne se résout pas avec de beaux discours", commence l'ancien candidat à l'élection présidentielle EELV, Yannick Jadot. "Ce n’est pas la diplomatie climatique qui va sauver la planète mais l’action climatique. La diplomatie ne supprime pas une seule tonne de carbone."


Selon l'écologiste, depuis son arrivée au pouvoir au mois de mai dernier, Emmanuel Macron n'a fait preuve que "d'un seul acte écologique" : "Un tweet sur le glyphosate". "Or, il a été contesté le lendemain par son Premier ministre et son ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot", a ajouté Yannick Jadot. 


Emmanuel Macron avait écrit sur Twitter qu'il avait demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans, malgré le vote de Bruxelles réautorisant l’herbicide pour cinq ans. Le député européen voit surtout que "nous avons reculé sur les perturbateurs endocriniens, le président n’a pas tenu son engagement sur le CETA, qui est une catastrophe écologique, et il a reculé sur l’échéance nucléaire de 2025".

En vidéo

Long échange entre Emmanuel Macron et Billl Gates sur la péniche qui les mène jusqu'au lieu du "One Planet Summit"

Coopérer avec l'Europe

Yannick Jadot attend que la France se positionne du côté des "bons élèves européens" pour faire évoluer les questions climatiques. "Les décisions écologiques se font au niveau européen. Or, la France reste alignée sur les moins disant européens en matière d’énergies renouvelables. Par exemple, au premier semestre 2018, nous allons entrer dans une phase de négociations entre le Parlement et les Etats membres sur les énergies renouvelables. On se bat, au Parlement, pour avoir de fortes ambitions. La France doit se battre pour que les Etats membres s’alignent sur l’avis du Parlement, à savoir de passer de 27% à 35% des énergies renouvelables d’ici 2030", a expliqué le député européen. 


"Sur l’Europe, je dis à Emmanuel Macron ‘chiche !’ Chiche de mener une coopération renforcée sur le glyphosate. Aujourd’hui la France se situe dans le ventre mou, elle doit entraîner le développement d’une belle coopération sur la transition énergétique", conclut Yannick Jadot.

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