75% des radars dégradés : pour Castaner, il y a un "lien direct" avec la hausse de la mortalité routière

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SÉCURITÉ ROUTIÈRE - La mortalité a augmenté de 3,9% en janvier sur les routes de France métropolitaine. Une hausse qui serait directement liée au fait que les trois quarts des radars automatiques sont détériorés, a affirmé le ministre de l'Intérieur vendredi. Il rejoint l'analyse d'Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière.

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, de très nombreux radars ont été mis hors-service. Ce vendredi 1er mars, le ministère de l'Intérieur a évoqué une proportion impressionnante : "à peu près 75% du parc de radars a été soit détruit, soit détérioré, soit attaqué, soit neutralisé", a-t-il affirmé sur France 2.

Mais vandaliser un radar fait-il augmenter la mortalité routière ? "Oui, il y a un lien direct", assure-t-il. " Au mois de décembre, en moyenne, il y a quatre fois plus d'infractions sur un radar masqué que quand il fonctionne. Au bout du compte, ça fait des morts."  La question se pose en effet alors que la mortalité sur les routes de France métropolitaine a bondi de 3,9 % en janvier, avec 238 personnes tuées, soit neuf de plus qu'en janvier 2018.

Le ministre confirme ainsi les observations d'Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière. Selon lui, la dégradation des radars a coïncidé avec la fin de la baisse constante du nombre de morts sur les routes. "Novembre et décembre ont correspondu à des dégradations et des destructions massives des radars, ce qui fait qu'on observe une reprise à la hausse des vitesses", a-t-il regretté ce jeudi 28 février sur LCI. "On estime qu'en novembre et décembre, ça représente 60 vies qui auraient pu être sauvées. C'est dramatique."

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En plein débat sur l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes nationales, l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr) a précisé dans son rapport que "l'augmentation de la mortalité par rapport à l'an dernier est relevée en agglomération et sur autoroutes", et non sur les routes concernées par la limitation depuis l'été dernier. "En janvier, on voit que sur les routes à 80 km/h il y a un peu moins de morts qu'en janvier 2018", a-t-il poursuivi. "Mais la baisse qu'on devait attendre sera vraisemblablement atténuée. On aurait pu avoir quelque chose de plus puissant."

On assiste à une sorte de défoulement sur les routes- Emmanuel BARBE, délégué interministériel à la Sécurité routière

Selon lui, l'attaque des radars entraînerait une dégradation des comportements au volant. "On assiste à une sorte de défoulement sur les routes", a-t-il regretté. "La sécurité routière, c'est assez simple. Le risque c'est lié au mouvement et au déplacement d'un véhicule. Si tous les véhicules se déplacent plus vite, le risque augmente et il y a plus de morts." 

"La facture de remplacement (des radars) est d'environ 40 millions d'euros" financés "par de l'argent public", a-t-il ajouté. "Quand ils flashent des usagers qui ont commis des infractions, créent des recettes. Le manque à gagner fait qu'on va être autour de 500 à 550 millions de pertes. Cet argent à 92% va à la sécurité routière et notamment à la construction des routes. (...) Ceux qui s'amusent à (casser les radars) ne se rendent pas compte de leur responsabilité. C'est un mouvement régressif."

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