81% de "Made in France" dans nos achats : un chiffre à nuancer

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À LA LOUPE - D'après une nouvelle étude de l’Insee, 81% de la consommation des ménages est composée d'achats "Made in France". Mais gare à l'emballement, il ne faudrait pas crier "Cocorico" trop rapidement. De grandes disparités excisent selon les secteurs et la part du "Made in France" est en baisse.

L'essor des produits "Made in France" ne serait-il qu'une illusion ? D'après une étude de l'Insee rendue publique le 5 juin, la consommation des produits fabriqués en France a reculé de 1,9 point durant les dix années étudiées. L'étude nous apprend également que ce sont les retraités et les cadres qui achètent le plus de produits français. Mais que signifient vraiment ces chiffres ? 

81% des achats des Français sont "Made in France"

D'après l'étude de l'Insee, "81% de la consommation totale des ménages est 'Made in France'." Un pourcentage relativement élevé à première vue. Mais attention, le poids du 'fabriqué en France' n'est pas le même selon le type de bien consommé. Ainsi, pour les produits manufacturés - votre frigo, ordinateur, télévision, t-shirt, etc. - le pourcentage tombe à 35,9%. 


Preuve supplémentaire de la désindustrialisation du pays, seuls 7,5% des machines et équipements électroniques sont achetés français. En effet, "certains biens sont essentiellement importés. Ils sont de moins en moins fabriqués en France", précise l'Insee. C'est surtout le cas pour l'habillement, 80% du textile acheté par les provenant de l'étranger. 


Alors, comment arrive-t-on au chiffre final si haut de 81% ? C'est en raison du poids des services. En effet, la part des service "Made in France" atteint 90,6%. Sans oublier qu'à lui seul, le secteur des services représente 80% de la consommation totale des ménages français en valeur. 

Une consommation disparate selon les catégories socio-professionnnelles

L'étude de l'Insee nous apprend également que les retraités et les cadres consomment plus de produits "Made in France". Pour les personnes de plus de 70 ans, c'est même deux points de plus comparé à l'ensemble de la population. 


Est-ce que cela signifie que les retraités et les cadres auraient l'achat plus patriotique que le reste de leurs compatriotes ? La réponse est non. D'une part, les produits français sont généralement plus chers que les produits importants, particulièrement pour les produits manufacturés. En 2013, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales estimait même que les achats 100% français étaient deux à trois fois plus chers que leurs équivalents importés, coût de transport compris. 


Mais surtout, de par leur niveau de vie supérieur à la moyenne des Français, les retraités et les cadres consomment plus de services, comme les loisirs, les activités culturelles ou aller au restaurant. Des activités qui sont naturellement quasi exclusivement "Made in France". Une situation qu'explique l'Insee dans son étude. "A l'inverse, les ouvriers et les agriculteurs allouent une plus grande part de leur budget aux denrées alimentaires et aux boissons, qui sont moins intenses en 'Made in France'."

La France de plus en plus dépendante de l'Allemagne

Autre information tirée de l'étude : 13% des produits consommés en France proviennent d'Allemagne. L'Insee précise que "les importations de produits allemands pour satisfaire la consommation des ménages français en équipements de transports (+11,9%) et en activités informatiques (+12,6%) se sont largement développées" durant les dix années étudiées. 


Après l'Allemagne, viennent, en deuxième position, les Etats-Unis (8% des produits consommés en France), la Chine en troisième position (7,7%), puis le Royaume-Uni (6,7%). 


La France est-elle bonne élève en termes de consommation nationale par rapport aux autres pays ? L'Insee, qui s'appuie sur les données de l'OCDE, obtient les conclusions suivantes. Alors qu'à Malte, les achats biens locaux ne représentent que 59% des achats totaux, ils atteignent 89% aux Etats-Unis et au Brésil. La raison est simple : "Cela s'explique par la capacité du marché intérieur à satisfaire la demande intérieure." En d'autres termes, impossible pour un petit pays, comme c'est le cas de l'île de Malte, de répondre intégralement à cette problématique. "La France est dans une position intermédiaire, au même titre que ses proches partenaires européens : Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie", conclut l'Insee. 

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