"À peu près 5% des étudiants" vivent-ils sous le seuil de pauvreté ?

Après l'immolation par le feu d'un étudiant à Lyon, des manifestations ont eu lieu à travers la France.
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À LA LOUPE – Lors des questions au gouvernement, un député LaRem a alerté sur la précarité des étudiants français. Il a ainsi expliqué qu'environ 5% d'entre eux se trouveraient aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre n'est-il pas sous-évalué ?

L'immolation par le feu d'un étudiant à Lyon le 8 novembre a mis en lumière les difficultés vécues par de nombreux étudiants. Mardi, lors des questions au gouvernement, le député LaRem de la Moselle Richard Lioger est intervenu dans l'hémicycle, s'inquiétant de voir qu'en France, "à peu près 5% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté". "L'inflation et la hausse des loyers provoquent un coût plus important chaque année", a-t-il poursuivi.

Le chiffre présenté par l"élu interroge, puisqu'il sous-entendrait que les étudiants sont moins touchés par la précarité que la moyenne des Français. 9,3 millions de personnes, soit 14,7% de la population, vivent en effet sous le seuil de pauvreté selon les dernières évaluations de l'Insee.

Plus proche des 20%

Si Richard Lioger affiche des intentions louables en alertant sur les conditions de vie des étudiants, l'élu semble assez loin de la réalité avec les chiffres qu'il avance. Les résultats d'une enquête de l'Insee, relayés par Le Journal du dimanche, montrent en effet qu'en 2016, "20,8% des élèves et étudiants se situaient sous le seuil de pauvreté", inférieur à 60% du niveau de vie médian. 

L'hebdomadaire ajoute que le ministère de l'Enseignement supérieur "affirme qu'au cours de l'année 2015-2016, 36,3% des étudiants (soit 711.000 personnes) ont reçu au moins une aide financière". Un chiffre en augmentation puisqu'il était de 30,2% en 2005.

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Les données de l'Insee sont confortées par celles de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Cette dernière a édité en 2015 "un rapport sur le plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale", rappelle Le Monde, qui a abouti à un constat similaire avec une estimation de 19,1% des étudiants sous le seuil de pauvreté. 

On constate que les chiffres relatifs aux étudiants sont globalement assez proches de ceux observés pour la classe d'âge des 18-24, en études ou pas. Directrice d’études à l’Observatoire des inégalités, Nina Schmidt expliquait l'an dernier dans une interview qu'environ "20% des jeunes de 18 à 24 ans vivent sous le seuil de pauvreté". Sans surprises, "la pauvreté va surtout se situer dans les villes", précisait-elle, "parce que c’est précisément là que les jeunes recherchent le plus de l’emploi. Or, on sait aussi que les conditions de logement en ville sont très resserrées."

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