"Mafia des déchets" : un réseau de décharges sauvages du BTP démantelé sur la Côte d’Azur

"Mafia des déchets" : un réseau de décharges sauvages du BTP démantelé sur la Côte d’Azur
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REPORTAGE - Le siège de six sociétés de travaux publics et deux chantiers ont été perquisitionnés mardi, après des mois d'enquête sur des déversements sauvages de déblais de chantier sur la Côte d'Azur. En tout, ce sont onze personnes qui ont été placées en garde à vue.

Après des mois d'investigations, les enquêteurs sont parvenus à remonter la piste. Ce mardi 9 juin, les sièges de six sociétés de travaux publics et deux chantiers ont été perquisitionnés. Un coup de filet autour des déversements sauvages de déblais de chantier sur la Côte d'Azur. En tout, ce sont onze personnes qui ont été placées en garde à vue. 

L'opération "Terres Brûlées" a mobilisé près de 200 militaires de la section de recherches de Marseille, des groupements de gendarmerie du Var et des Alpes-Maritimes, de la gendarmerie mobile de Hyères, appuyés par un hélicoptère de la section aérienne de la gendarmerie. Des agents de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) et de la Direction des finances publiques (DRFiP) ont également participé aux investigations, indique Nice Matin.

Les auteurs risquent dix ans de prison et un million d'euros d'amende

Plusieurs camions et engins de chantier ont été saisis, en lien avec les multiples infractions soupçonnées : gestion irrégulière de déchets en bande organisée, abandon de déchets en bande organisée, escroquerie en bande organisée, blanchiment d'escroquerie en bande organisée, menace de mort, de crime ou délit sur un officier public, extorsion par violence, blanchiment de délit, travail dissimulé par dissimulation d'activité et par dissimulation de salariés. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à 10 ans de prison et un million d'euros d'amende, outre les dommages et intérêts et frais de remise en état des terrains souillés.

Comment opérait cette "mafia des déchets " ? Les entreprises obtenaient des marchés d'évacuation de gravats, facturaient au tarif réglementaire mais écoulaient et entreposaient les déblais "sur des terrains privés ou publics, en trompant ou menaçant les propriétaires", le tout coûtant "environ cinq fois moins cher", détaille le parquet de Draguignan dans un communiqué. 

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"Depuis quelques mois, des plaintes et des signalements au sujet de 'déballes' sauvages de remblais de chantiers (...) étaient en cours auprès des parquets de Draguignan et Nice", a rappelé le parquet de Draguignan. Cette enquête de plusieurs mois, a dévoilé "un système organisé depuis plusieurs années", a-t-il précisé. 

"Des centaines de milliers de mètres-cubes de terre, de béton, de ferraille, de goudron avaient ainsi été déversés sur une vingtaine de sites irrémédiablement défigurés, entre Fréjus, Le Luc et Trans-en-Provence, dans le Var, et jusqu’à Sospel dans les Alpes-Maritimes", poursuit le communiqué. "L’intérêt de ce dossier c'est d'avoir mis en lumière, la collusion de plusieurs entreprises spécialisées dans le terrassement et qui pratiquaient ce genre de choses, de manière organisée, systématique", commente le Colonel Dominique Lambert. 

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Pour Robert Durant, de l'association "Confédération Environnement", "c’est la biodiversité du var qui a été foutue en l'air de façon irrémédiable". Mélanie elle, a été victime de cette "mafia". Voulant rehausser son terrain, elle a fait appel à une entreprise qui se proposait de le faire gratuitement. "Ils ont apporté des camions, et des camions, j'ai été obligé de taperdu pied en disant qu'on était en train d'enterrer les arbres, j'ai un talus de quatre mètres devant le nez", raconte-t-elle. En facturant des frais d'enlèvements, ces entreprises empochaient des centaines de milliers d'euros. 

Le traitement des déchets, notamment de chantiers, est problématique dans le Sud-Est. En août 2019, le maire du village varois de Signes Jean-Mathieu Michel, 76 ans, est mort écrasé accidentellement par une camionnette dont il souhaitait verbaliser les occupants qui avaient déchargé des gravats dans la nature. Cette affaire n'a toutefois rien à voir avec ce dossier. 

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