Abandon du Center Parcs de Roybon : la victoire à l'usure des zadistes ne fait pas que des heureux

Abandon du Center Parcs de Roybon : la victoire à l'usure des zadistes ne fait pas que des heureux
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CONTESTATION - Depuis son lancement en 2007, le projet de centre de vacances était contesté par des associations de protection de la nature, qui n'ont pas hésité à occuper le terrain poussant son promoteur à faire machine arrière. Une méthode qui laisse un goût amer à certains habitants.

800 emplois qui partent en fumée et des habitants dépités. Redonner une nouvelle vie économique au village et à ses environs, c’était l’espoir des élus locaux. Après une bataille judiciaire de plus de dix ans, le groupe Center Parcs a annoncé cette semaine l’abandon de son projet de création de centre de vacances à Roybon, dans l’Isère. "Tout le territoire était favorable à plus de 90% au projet. C’est inadmissible qu’on subisse de tels retournements de situation", déplore Serge Perraud, le maire de de la commune.

Le centre de vacances devait être implanté sur un terrain appartement à la forêt domaniale de Chambaran. Un terrain occupé illégalement depuis 2014 par les opposants. Le chantier n’a jamais pu démarrer. "S’il n’y avait pas eu les gens pour bloquer les machines, le Center Parcs serait déjà construit", défend Stéphane Perron, président de l’association "Pour les Chambaran sans Center Parcs". Lors d’un référendum, les habitants du département s’étaient pourtant prononcés en sa faveur.

Le recours systématique a suffi à faire capoter le projet.- Stéphane Lerendu, directeur du développement au sein du groupe Pierre et Vacances.

Occuper le terrain, c’est gagner du temps. Et avec son association, Stéphane Perron en a profité pour déposer des dizaines de recours en justice contre ce projet qu’il juge irrespectueux de l’environnement. "Le recours systématique a suffi à faire capoter le projet", explique Stéphane Lerendu, directeur du développement au sein du groupe Pierre et Vacances. "Je pense que nous n’aurions pas pu convaincre les militants de Roybon parce qu’on était dans une logique de recours systématique depuis le début, malgré les enquêtes publiques", souligne-t-il. 

Bataille juridique d’un côté, occupation du terrain de l’autre : cette stratégie avait déjà été employée contre le projet de barrage à Sivens (Tarn)  ou contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Alors cette méthode remet-elle en question nos principes démocratiques ? "Si la minorité n’accepte pas de perdre la décision qu’elle aurait voulu prendre et bien elle prend en otages la majorité et là ça nuit à la démocratie", estime Jean-Pierre Derosier, professeur agrégé des facultés de droit (Université Lille-II) et spécialiste de la Constitution. Centres commerciaux, lignes TGV, parcs éoliens. Comme à Roybon, des dizaines de grands projets d’aménagements sont aujourd’hui en suspens. 

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