Abus sexuels dans l'Eglise : les catholiques appelés à financer une "allocation" pour les victimes ?

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INDEMNISATION - Les évêques de France, réunis à Lourdes, pourraient voter la mise en place de ce qu'ils appellent "un geste financier" en direction des victimes des abus sexuels dans l'Eglise. Les fidèles pourraient être mis à contribution pour le financer.

Ils seront 120 membres à discuter du sujet difficile que sont les abus sexuels commis par des prêtres de l'Eglise Catholique. Ce mardi 5 novembre s'ouvre à Lourdes, la Conférence des évêques de France au cours de laquelle, les évêques catholiques débattront de divers sujets comme l'écologie, le synode d'Amazonie mais aussi d'une possible "allocation de reconnaissance" financière des victimes de pécriminalité dans l'Eglise Catholique. 

Après avoir entériné l'an dernier la création d'une commission d'enquête sur ces abus sexuels commis par des prêtres depuis les années 50, les évêques envisageraient donc un "geste financier" en direction des victimes. Le terme "indemnisation" n'est aucunement utilisé. Ce mécanisme existe dans d'autres pays mais demeure inédit en France. Selon Thierry Magnin, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), il pourrait permettre de "poser des gestes concrets à destination des victimes". 

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Une "allocation" soumise au vote des évêques

Cette "allocation" sera soumise à l'avis des évêques samedi 9 novembre prochain : l'épiscopat aura donc à se prononcer via un vote sur une possible "allocation de reconnaissance financière" de la souffrance vécue par les victimes. Les mesures de réparation financière sont réclamées avec force par les associations de victimes, en particulier quand les faits sont prescrits. En avril dernier déjà, le président  de la CEF, Eric de Moulins-Beaufort, avait dit espérer que l'Eglise serait "capable de proposer un geste financier" à Lourdes cet automne. Et le Sénat avaient demandé à l’Eglise catholique d’instituer un "mécanisme d’indemnisation financière" pour les victimes de prêtres, après la remise du rapport d'information sur le sujet. 

Ce ne sera pas une indemnité mais un forfait, dont le montant fait partie des discussions- Thierry Magnin, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF)

En quoi consistera ce geste, d'ailleurs ? D'après Thierry Magnin, il concernera "toutes les personnes reconnues comme victimes car déjà passées par des procédures de justice civile et aux victimes dont les faits sont prescrits et qui se sont manifestées auprès des cellules d'écoute dans les diocèses", selon lui. Reste que pour lui, ce "geste fort de solidarité ne sera pas une indemnité", mais plutôt "un forfait, dont le montant fait partie des discussions" et qui pourrait être mis en oeuvre en "2020", a affirmé à l'AFP Thierry Magnin. 

Les fidèles mis à contribution ?

La question du financement de ce geste sera bien sûr posée. Un ou deux fonds sont évoqués par l'épiscopat: "Un fonds interne de 5 millions d'euros, dédié à la lutte contre la pédophilie", le fonds qui finance, entre autres, les travaux de la Commission indépendante de Jean-Marc Sauvé et un "fonds de dotation, externe", dont l'alimentation reste à préciser. Il pourrait être alimenté par un appel aux dons des fidèles. 

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