Accès à l'IVG en Ile-de-France : des disparités territoriales qui restent importantes

Accès à l'IVG en Ile-de-France : des disparités territoriales qui restent importantes

AVORTEMENT - Un rapport réalisé par l'Observatoire régional de santé (ORS) dresse le bilan de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en Ile-de-France, qui concentre plus du quart des IVG pratiquées en France. Résultat : le parcours est globalement simplifié, mais on n'accède toujours pas de la même manière à l'IVG quand on vit à Paris intramuros, dans les Yvelines ou en Seine-Saint-Denis.

Une évolution plutôt positive. C'est la tendance observée par l'Observatoire régional de santé (ORS) d'Île-de-France dans un rapport consacré à l'accès à l'IVG (interruption volontaire de grossesse), mis en ligne ce jeudi 28 février. D'une manière générale, dans la région, l'accès à l'avortement semble avoir gagné en facilité. 

Si le nombre d'IVG en lui-même reste stable depuis 2014, le rapport note ainsi "une augmentation de l'offre de soins en ville et une réduction de la part d'IVG effectuées en établissements hospitaliers". Pour Bobette Matulonga, médecin et auteure du rapport interrogée par LCI, cette donnée souligne un lien renforcé "de proximité entre le praticien et la patiente". Les professionnels en centres de santé, en centres de PMI ou au Planning familial (centres de planification et d'éducation familiale) ont pratiqué davantage d'avortements que les années précédentes : au cours de ces trois dernières années, vingt-trois centres supplémentaires ont pratiqué au moins une IVG en Ile-de-France. Dans la région, les femmes franciliennes ont encore recours aux hôpitaux pour 67% des IVG, contre 30% auprès de médecins libéraux. 

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Des prises en charge plus rapides

Par ailleurs, les interruptions de grossesse semblent être prises en charge plus rapidement. En 2017, près de 80% des IVG ont été réalisées avant neuf semaines d'aménorrhée, soit la durée maximale pour effectuer un avortement médicamenteux, qui ne nécessite ni anesthésie ni intervention chirurgicale. Passé ce délai, il faut pratiquer une IVG chirurgicale (ou par aspiration) si l'on souhaite mettre un terme à la grossesse. Les IVG au-delà de douze semaines sont en diminution. Elles ne représentent que 5% des avortements, en 2017, dans toute la région.

Mais c'est justement cette donnée qui permet d'illustrer la persistance de différences territoriales, dans la prise en charge de l'IVG. Au sein-même de la région Ile-de-France, toutes les femmes ne sont pas logées à la même enseigne, quand il s'agit d'avorter. Des disparités "à l'échelle infrarégionale", qui impactent surtout le département de la Seine-Saint-Denis. C'est là, en tout cas, que le pourcentage d'IVG tardives est le plus élevé, avec 6,5% d'IVG après 12 semaines d'aménorrhée. 

Une demande plus forte en Seine-Saint-Denis

La région Ile-de-France a enregistré au total 52.080 IVG en 2017. C'est un taux de 17,4 IVG pour 1.000 femmes en âge de procréer. "Mais en Seine-Saint-Denis, la demande est plus forte alors que l'offre de soins est restée la même qu'ailleurs", note encore Bobette Matulonga. En effet, ce taux monte à 22 pour 1000, alors que dans les Yvelines, il descend à 13 pour 1000. 

Comment expliquer ces disparités ? Une nouvelle étude est en projet à l'ORS, histoire de dépasser ce constat quantitatif, mais il est encore à l'état de financement. Contacté, le Planning familial de Seine-Saint-Denis n'a pas encore répondu à nos sollicitations. 

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