Accusations de viol contre Nicolas Grégoire : "Rien de ce qui est écrit dans ce livre ne relève de la fiction"

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A LA LOUPE - Un ancien membre de "Force Démocrate", parti alors présidé par François Bayrou, a publié début mai un livre auto-édité, dont un passage fait polémique : l'auteur y relate en effet une scène correspondant à la définition légale d'un viol. Des suites judiciaires peuvent-elles être données à cette affaire ? Contacté par LCI, Nicolas Grégoire réfute les accusations, mais assure toutefois que ce passage ne relève pas de la fiction.

Il a choisi d'auto-éditer son ouvrage pour, dit-il, "échapper à la censure et aux pressions". Ancien membre de Force Démocrate, parti présidé par François Bayrou entre 1995 et 1998, Nicolas Grégoire vient de mettre en vente sur Amazon son livre "Pas avant le deuxième tour", dont la première partie est accessible gratuitement en ligne. Depuis plusieurs années, se présentant comme un lanceur d'alerte, il tente de dénoncer une affaire d'emploi fictif qu'il aurait lui-même occupé au sein du parti centriste UDF.


Mais, pour l'instant, ce n'est pas l'aspect politique du livre qui retient l'attention. Jeudi 16 mai, un extrait a été relayé sur Twitter par Christophe-Cécil Garnier, aujourd'hui journaliste à Streetpress et auteur, en 2017, d'un portrait fourni du personnage. Le journaliste accompagne cet extrait d'un constat : "Nicolas Grégoire, même s'il dit en avoir honte, ne nomme pas les choses : c'est un viol."

L'extrait en question décrit une scène où l'auteur indique "s'introduire dans la blonde". "Elle est sèche comme du papier de verre. Les yeux mi-clos, du ton geignard de ceux qu'on réveille, elle me dit 'non, non'". Elle secoue mollement la tête, passe ses bras sous l'oreiller. Je continue à pousser. 'Non...Non, non...' Rien à faire, le rapport est refusé. Alors j'éjacule froidement. Comme dans un sac", relate-t-il encore.


De nombreux internautes - militantes féministes ou non - relayent cette scène, estimant qu'il s'agit d'un viol. L'article 222-23 du Code pénal prévoit en effet que le viol est défini "comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise". Un crime puni de quinze ans de réclusion.

Tout est avéréNicolas Grégoire

Alors peut-il y avoir une suite judiciaire à cette affaire ? Avant qu'une juridiction puisse qualifier pénalement ce récit, se pose la question de savoir si les faits décrits ici relèvent de la fiction ou de la réalité. Contacté par LCI, Nicolas Grégoire se montre très clair : "Rien de ce qui est écrit dans ce livre ne relève de la fiction", nous dit-il. "Tout est avéré." Il poursuit, détaillant son intention : "L'objectif majeur et essentiel de ce passage est de montrer ce que le pouvoir, la politique, fait aux gens. Ce Nicolas Grégoire que je décris, je le déteste. Je savais parfaitement que ce passage allait créer du dégoût. Je l'ai écrit pour. Je n'ai pas écrit ce livre pour me glorifier. Dans cette partie-là, où je fais de la politique, je me décris comme étant un menteur, un voleur, quelqu'un qui écrase les gens, qui est méprisant, qui méprise les femmes, qui utilise les femmes comme des objets. Tout cela je l'ai écrit pour le dénoncer. Je ne nie pas la situation, c'est un épisode qui me hante depuis longtemps, c'est un passage qui a été extrêmement difficile. J'ai été moi-même victime d'une tentative de viol adolescent, ce sont des sujets qui sont difficiles pour moi." Et d'ajouter encore : "De nombreuses personnes m'ont dit : 'Attention, on va se servir de ça pour te discréditer'. J'ai choisi de l'écrire quand même parce que c'est un sujet important. Il faut libérer la parole sur ces sujets-là. Je libère la parole sur quelque chose que j'ai fait."


Toutefois, Nicolas Grégoire réfute les accusations de viol et assure même avoir demandé conseil à des avocats. "Quand j'ai écrit ce passage très difficile, je me suis demandé si c'était du viol. J'ai posé la question à des juristes et on m'a dit : 'Non, c'est proche, mais ce n'est pas du viol.' Si j'avais pensé que c'était du viol, j'aurais écrit que j'avais violé quelqu'un. Je ne me serais pas empêché de l'écrire. J'ai écrit ce livre avec une sincérité totale et je ne regrette pas d'avoir écrit ce passage même s'il me cause des ennuis." Il assure en revanche "regretter que cela serve de contre-feu à des choses très importantes qui sont dites dans le livre sur la corruption politique et la complaisance et le copinage dans les médias."


Sur les faits précisément, Nicolas Grégoire nous a rappelé quelques heures après la publication de cet article pour nous préciser  que la femme en question "ne dormait pas" pendant cette scène. Il ne nie pas qu'elle a toutefois dit 'non', ainsi qu'il l'a écrit.  

Des faits prescrits ?

Au-delà de son appréciation personnelle, la Police nationale a indiqué ce vendredi, sous un tweet de l'association féministe Nous Toutes, que "les enquêteurs de la plateforme Pharos", permettant de signaler des contenus illicites sur Internet, ont été saisis. 

Reste que, même si une enquête était ouverte, elle aurait peu de chance d'aboutir. Comme écrit dans le livre, Nicolas Grégoire nous confirme que la scène s'est déroulée à Paris, en 1997, soit il y a plus de vingt ans. Les faits seraient donc prescrits. 

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