"Acte 23" des Gilets jaunes : des marqueurs colorés ont-ils été utilisés à Paris par les forces de l'ordre ?

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A LA LOUPE - Un liquide bleu projeté par les canons à eau des forces de l'ordre a fait son apparition, lors du "23e acte" de la mobilisation des Gilets jaunes. Selon des sources policières contactées par LCI, il s'agit du bleu de méthylène, un colorant qui aurait pour but, selon le gouvernement, de faciliter les interpellations.

Les images ont de quoi surprendre. Samedi 20 mars sur les réseaux sociaux, plusieurs témoins assurent, photos et vidéos à l'appui, avoir vu des canons à eau des forces de l'ordre projeter un liquide bleu sur les manifestants, pendant la 23e journée de mobilisation des Gilets jaunes.

Alors à quoi correspond ce liquide coloré ? Confirmant une information de nos confrères de France Info, une source policière indique à LCI qu'il s'agit "d'un reliquat de cuve" de bleu de méthylène. "Le bleu de méthylène a été testé la semaine dernière pendant des exercices uniquement de CRS" nous dit-on. Samedi, selon notre source, ce sont donc les restes du produit qui "ont été utilisés sans raison particulière si ce n'est de finir la cuve". De son côté, la préfecture de police nous indique qu'il s'agit "d'un usage expérimental d'un produit colorant alimentaire qui ne présente aucun danger pour la santé".

Le bleu de méthylène (ou chlorure de méthylthioninium) est principalement utilisé comme agent antiseptique et colorant.  C'est bien entendu cette seconde fonction qui intéresse les forces de l'ordre. En mars dernier, à l'issue du "18e" acte des Gilets jaunes qui avait été émaillé de violences et de pillages, le gouvernement avait fait l'annonce de nouvelles mesures pour gérer les échéances à venir. Parmi lesquelles, l'usage "d'un marqueur coloré", afin de faciliter les interpellations a posteriori.

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Un test "pas très probant"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner détaillait alors ce dispositif sur France Inter : "Il y a deux types de marqueurs : d'abord le marqueur coloré, qui fait que si vous êtes marqué au moment d'une effraction par exemple et qu'on vous retrouve deux heures plus tard le métro, il est plus facile de faire un lien. L'autre est un marqueur ADN, transparent qui fait que quelques semaines plus tard, si l'enquête aboutit à votre interpellation, on pourra dire tel jour à telle heure, vous étiez dans tel magasin. C'est utilisé auourd'hui pour protéger les commerces." Et de préciser par ailleurs : "Je ne souhaite pas qu'ils soient irritants, l'objectif est de neutraliser et de faire comparaître devant la justice."

 Le ministre de l'Intérieur faisait également part de sa volonté de mettre ce dispositif rapidement sur pied : "Dès la semaine prochaine nous allons commencer à développer des marqueurs" précisait-il. C'est désormais chose faite sur le terrain, même si une de nos sources nous confie que le test s'est révélé... "pas très probant".

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