Acte 53 des Gilets jaunes : un gendarme parmi les casseurs ou un bouclier dérobé à la Gendarmerie Nationale ?

"Acte 53" des Gilets jaunes à Paris, ce 16 novembre
Population

Toute L'info sur

La colère des Gilets jaunes

A LA LOUPE - Photos à l'appui, de nombreux internautes s'interrogent sur la potentielle présence de gendarmes parmi les casseurs qui ont vandalisé le monument aux morts, en marge de la manifestation des Gilets jaunes à Paris ce samedi. Plusieurs vidéos prouvent qu'il s'agit d'un manifestant ayant dérobé un bouclier. Explications.

La question taraude de nombreux internautes : des gendarmes étaient-ils infiltrés parmi les personnes qui ont vandalisé le monument aux morts de la place d'Italie, en marge de l'"Acte 53" des Gilets jaunes ? 

Des images, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent d'un côté deux personnes, le visage dissimulé, tout de noir vêtu. L'un d'eux tient un bouclier signé "gendarmerie". Une autre photo montre l'une de ces deux personnes, barre de fer à la main, casser la stèle en hommage au maréchal Juin sur le place d'Italie. L'homme au bouclier ne semble pas présent cette fois.

"Quelqu’un pour nous expliquer l’étrange coïncidence entre ce membre des forces de l’ordre (à gauche) et ce casseur de monument (à droite) ?, interroge le groupe Facebook Info Gilet jaune. Quelqu’un pour nous dire comment aucun gilet jaune enfoui au fond d’un sac n’est passé aux contrôles, quand celui-là peut se balader avec un pied-de-biche d’un mètre de long ?"

Plusieurs vidéos prouvent que le bouclier en question a été récupéré par le manifestant en noir, casquette et capuche sur la tête. Il ne s'agit pas d'un gendarme. 

Sur la vidéo de Quartier Jaune ci-dessous - un reportage immersif d'Adrien AdcaZz qui revient sur les "trois heures d'affrontements entre forces de l'ordre, manifestants et blacks blocks" -, on observe dans les dernières secondes ce même bouclier au sol. Des manifestants sont autour, un homme avec un veste militaire le ramasse en poussant des cris de joie puis un autre homme, portant des baskets avec des liserés verts lui prend des mains. Il s'agit bien des mêmes baskets que celles portées par le manifestant, décrit par certains comme étant un gendarme.

Cette même scène a été filmée par Le Média. Sur une vidéo diffusée en direct sur Facebook, à 1 heure 15, on voit des manifestants présents boulevard Auguste Blanqui, une artère débouchant sur la place d'Italie. Une voiture est retournée au milieu de la rue. Tandis que des individus tentent d'y mettre le feu, une personne à gauche de l'image ramasse un bouclier. Le vidéaste se rapproche, il s'agit bien d'un bouclier de la Gendarmerie. On entend distinctement quelqu'un crier "C'est une prise de guerre".

On observe le même homme avec la veste militaire que sur la précédente vidéo, puis la même personne aux baskets avec des liserés verts. Cet individu prend la pose avec le bouclier, puis des détonations retentissent et il s'éloigne en courant, avec le bouclier dans les mains.

Les photos publiées sur les réseaux sociaux ne montrent donc pas un gendarme en compagnie d'un casseur mais un manifestant ayant ramassé un bouclier de la Gendarmerie Nationale. 

Contacté par LCI, la Gendarmerie Nationale dément catégoriquement que l'homme pris en photo avec le bouclier soit un membre des forces de l'ordre. "Je vous confirme qu'un membre de la gendarmerie mobile a été violemment pris à partie par des manifestants qui lui ont arraché son bouclier", nous indique-t-on, précisant qu'il ne s'agit "pas d'un matériel sensible". Ce fameux bouclier n'a pas été récupéré depuis.

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse alaloupe@tf1.fr

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter