Mort d'Adama Traoré : trois ans après, une marche avec des Gilets jaunes contre les "violences policières"

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MANIFESTATION - Trois ans après la mort d'Adama Traoré au cours d'une interpellation par la gendarmerie, les membres de sa famille, accompagnés par des Gilets jaunes, ont appelé à une "convergence" pour mener le "combat contre les violences policières", lors de la marche annuelle à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Gilets jaunes et habitants de quartier populaires ont manifesté ensemble à Beaumont-sur-Oise (Vald-d'Oise), ce samedi, en mémoire d'Adama Traoré, jeune homme mort en 2016 au cours de son interpellation par des gendarmes. "Nous sommes Gilets jaunes depuis quarante ans", a affirmé Assa Traoré, soeur d'Adama et porte-voix du mouvement, au cours de cette marche qui a appelé à la "convergence" pour mener le "combat contre les violences policières".

L'enquête relancée après une nouvelle expertise

Partie de la gare RER de Beaumont-sur-Oise, la manifestation s'est déroulé dans le calme et a rassemblé entre 1500 personnes, selon les gendarmes, et 5000 selon les organisateurs. Le cortège s'est arrêté une première fois devant la caserne de gendarmerie où la mort du jeune homme avait été constatée le 19 juillet 2016, après son arrestation au terme d'une course-poursuite. Le cortège s'est ensuite arrêté devant la rue où il avait été interpellé, scandant notamment les slogans "pas de justice, pas de paix", "justice pour Adama" ou encore "tout le monde déteste la police".


Depuis le début de l'affaire, qui fait l'objet d'une instruction judiciaire, la famille d'Adama demande la mise en examen des gendarmes impliqués dans l'arrestation, qui sont pour l'heure mis en cause sous le statut de témoins assistés pour non-assistance à personne en péril. L'enquête a été relancée après une nouvelle expertise demandée par la famille.

Nous subissons depuis six mois la répression de la police que subissent les quartiers depuis des annéesJean-Marc, gilet jaune

"Cette marche avec les Gilets jaunes est un grand pas dans le combat contre les violences policières", a estimé Assa Traoré, lors d'une conférence de presse, avant le début de la manifestation, qui a lieu chaque année dans la ville. Évoquant un"combat pour tous les Adama", elle a affirmé ne pas vouloir "qu'en 2020, il y ait encore une marche pour Adama mais qu'il y ait un procès."


"Aujourd'hui c'est aussi l'acte 36 des Gilets jaunes, qui ont appelé à venir marcher ici", a pour sa part déclaré Youcef Brakni, du Comité Adama. "Comme nous depuis quarante ans, ils sont réprimés par la police", a-t-il dit. Antoine Boudinet, 23 ans, blessé gravement à la main à Bordeaux pendant une manifestation des Gilets jaunes, avance pour sa part que ce n'est que "par la convergence des luttes et en étant soudés que nous allons obtenir gain de cause pour les mutilés, c'est le même combat pour tout le monde". Pour un autre Gilet jaune, Jean-Marc, 55 ans, "nous subissons depuis six mois la répression de la police que subissent les quartiers depuis des années".

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VIDÉO - Des policiers soupçonnés de violences lors des manifestations de Gilets jaunes décorés par Christophe Castaner

Les ONG Amnesty France et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) étaient également représentées. "Aujourd'hui la violence policière est généralisée et nous sommes tous ici pour faire cesser ces impunités", a déclaré Nicolas Krameyer, responsable du programme Libertés à Amnesty France. L'écrivain Edouard Louis, soutien de longue date du Comité Adama, a affirmé que ce mouvement est "unique (...) car il est producteur et rend possible d'autres mouvements sociaux comme les comités pour d'autres victimes de violences policières".

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