Affaire des "pensions nazies" : au moins trois anciens volontaires français, dont un SS, en bénéficient

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REVELATIONS - Le ministère des Armées a confirmé mardi 4 juin les informations du "Monde" selon lesquelles au moins trois Français bénéficieraient encore d'une pension allemande destinée aux victimes de guerre alors qu'ils étaient impliqués aux côtés des nazis. L'affaire concerne près de 2.000 personnes dans le monde.

L'affaire dite des "pensions nazies" concerne bien des bénéficiaires français. Près de quatre mois après les révélations sur ces retraites complémentaires versées par l'Allemagne, le ministère des Armées a confirmé mardi 4 juin des informations du Monde selon lesquelles au moins trois Français en bénéficieraient toujours. 

D'après Le Monde, la France a appris fin mars que quatre ancien Waffen-SS faisaient partie des 54 bénéficiaires résidant sur son territoire, et a demandé des explications à l'Allemagne. Il s'agit de pensions versées en vertu d'une loi allemande de 1951 permettant aux victimes de guerre allemande de toucher un revenu complémentaire. Actuellement, l'Allemagne verserait des indemnités à près de 1450 soldats ou auxiliaires du régime nazi blessés entre 1939 et 1945, et vivant en Europe. L'affaire, qui concernerait au total près de 2000 personnes à travers le monde, concerne des collaborateurs volontaires du régime nazi et non des personnes enrôlées de force. Elle a éclaté en février en Belgique, avec les révélations du quotidien flamand De Morgen, qui a révélé que 18 personnes percevaient toujours ce "pécule de la honte". 

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Sur les 54 Français bénéficiant de ces pensions, cinq sont d'anciens militaires : deux Allemands naturalisés après la guerre, et trois anciens volontaires français. Le profil de ces trois derniers ne semble pas laisser de place au doute : le premier était membre de la division blindée Totenkopf ("tête de mort"), le second de la division Charlemagne et le troisième de la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, selon les précisions du ministère des Armées.  

"Des questions légitimes se posent, nous les avons posées aux autorités allemandes. Il est important d'en savoir plus", a indiqué le cabinet de la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq. 

Selon Sarah Joseph, porte-parole du Land de Sarre, en Allemagne, "les trois ressortissants français en question ont servi dans l'ancienne armée allemande et ont été blessés pendant qu'ils servaient." Cette dernière a précisé à l'AFP qu'un "examen intensif" avait été réalisé au moment de la première demande de pension afin de savoir si elle pouvait être refusée pour motif de crime contre l'humanité. Un second examen avait été effectué en 1998, pour savoir si le bénéficiaire avait enfreint les droits de l'Homme, sans aboutir à la suspension des pensions. 

L'Allemagne, en vertu de la protection des données individuelles, s'est toujours refusée à donner l'identité des bénéficiaires des "pensions nazies". Mais la France, aujourd'hui, "veut obtenir le profil précis des gens, ce qu'ils ont fait", a insisté le cabinet de Geneviève Darrieussecq. 

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