Affaire Gabriel Matzneff : Bernard Pivot "regrette" de ne pas avoir eu "les mots qu'il fallait" à l'époque

Affaire Gabriel Matzneff : Bernard Pivot "regrette" de ne pas avoir eu "les mots qu'il fallait" à l'époque
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L’affaire Gabriel Matzneff, écrivain accusé de pédocriminalité

POLÉMIQUE - Depuis quelques jours, une vidéo de 1990 montrant Bernard Pivot interroger sur un ton badin l'écrivain Gabriel Matzneff sur son attirance sexuelle pour les "moins de 16 ans" fait scandale sur les réseaux sociaux. L'ancien animateur d'"Apostrophes" a exprimé ce lundi ses "regrets".

"Animateur d'émissions littéraires à la télévision, il m'aurait fallu beaucoup de lucidité et une grande force de caractère pour me soustraire aux dérives d'une liberté dont s'accommodaient tout autant mes confrères de la presse écrite et des radios. Ces qualités, je ne les ai pas eues". L'ex-animateur de télévision Bernard Pivot, accusé de complaisance avec l'écrivain Gabriel Matzneff, qui affichait ouvertement son attirance pour les adolescents, exprime ce lundi ses "regrets", estimant n'avoir pas eu à l'époque "les mots qu'il fallait".

Alors que l'éditrice Vanessa Springora raconte dans son livre "Consentement", à paraître le 2 janvier, comment Gabriel Matzneff l'a séduite alors qu'il était presque quinquagénaire et elle âgée de 14 ans, Bernard Pivot se retrouve en effet éclaboussé par la polémique. Une séquence de son émission "Apostrophes" dans laquelle l'ex-animateur interroge sur un ton badin l'écrivain sur son attirance sexuelle pour les "moins de 16 ans" fait scandale sur les réseaux sociaux, près de trente ans après sa diffusion en mars 1990.

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Il avait déjà réagi dans un tweet

Vendredi, Bernard Pivot avait expliqué dans un tweet que "dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale, aujourd'hui la morale passe avant la littérature". S'il estimait que "moralement, c'est un progrès", cette réaction semblait mettre la responsabilité sur les mœurs d'antan et avait, elle aussi, provoqué d'innombrables commentaires indignés. 

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Ce lundi, Bernard Pivot a donc développé sa pensée, exprimant des "regrets" dans un texte adressé au JDD, où il tient une chronique. "Après Mai 68 dont le slogan majeur était 'il est interdit d'interdire', des livres comme ceux de Gabriel Matzneff ont été publiés sans que la justice n'intervienne, sans même que les associations de défense de l'enfance et de la famille ne protestent", y écrit l'ancien animateur. "On a même vu les plus grands écrivains de l'époque pétitionner pour la libération de trois hommes emprisonnés pour avoir eu des relations sexuelles avec de jeunes adolescents. Le monde des livres et la littérature se jugeaient alors au dessus des lois et de la morale", ajoute-t-il.

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