Affaire Mila : les Français partagés à 50/50 sur le droit au blasphème

Affaire Mila : les Français partagés à 50/50 sur le droit au blasphème

BLASPHÈME - Les Français sont partagés sur le droit de pouvoir critiquer une religion, selon un sondage Ifop pour "Charlie Hebdo" publié ce mardi après l'affaire Mila, cette adolescente qui fait l'objet de menaces pour avoir critiqué l'islam.

Le sujet divise la société française, qui fut pourtant la première nation à abolir le délit de blasphème. Quinze jours après ce que de nombreuses personnes qualifient d'"affaire Mila", un sondage Ifop pour Charlie Hebdo révèle ce mardi que la société française est très partagée sur la question du droit de pouvoir critiquer la religion, au centre des débats depuis la publication d'une vidéo de la jeune fille, dans laquelle, elle s'en prenait vertement l'islam. 

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A la question "êtes-vous favorable à ce droit de critiquer, même de manière outrageante, une croyance, un symbole ou un dogme religieux ?", les personnes interrogées répondent à 50% y être favorables (21% "tout à fait favorables" et 29% "plutôt favorables"), et à 50% "pas favorables" (33 % "plutôt pas favorables" et 17% "pas du tout favorables"), selon ce sondage. Par ailleurs, 58% des sondés estiment que les propos tenus par Mila ne relèvent pas de la "provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée".

Une majorité de sondés pas d'accord avec Belloubet

Autre leçon à tirer de ce sondage, 56% des personnes interrogées ne sont "pas d'accord" avec les propos de Nicole Belloubet, garde des Sceaux, qui avait d'abord déclaré que "l’insulte à la religion est évidemment une atteinte à la liberté de conscience", avant de plaider la maladresse. 70% ne sont pas non plus d'accord avec les déclarations du délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il avait affirmé entre autres, "qui sème le vent récolte la tempête", tout en critiquant les menaces dont l'adolescente faisait l'objet. 

Selon ce sondage, "Mila, elle, est considérée comme raciste par 57% des ­18–24 ans, 48% des homos, 57% des sympathisants LFI, et, quand même, 37% des électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle…", explique Charlie Hebdo. Enfin 53% des Français soutiennent le hashtag #JesuisMila, paru sur les réseaux sociaux, contre 47% qui se positionnent pour #JesuispasMila.

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Affaire Mila : "Je n'ai rien fait de mal", se défend l'adolescente

Mila a assuré ce lundi sur TMC dans l'émission "Quotidien", ne "pas regretter" ses propos, revendiquant son "droit au blasphème". Elle fait l'objet "d'une vigilance particulière de la part des forces de l'ordre, a affirmé mardi l'entourage du ministre de l'Intérieur. "Depuis le 22 janvier, quand il y a eu cette haine sur les réseaux sociaux contre elle, il y a eu un contact avec la gendarmerie nationale, elle a fait l'objet d'une vigilance renforcée", a expliqué mardi soir le ministre sur BFMTV.  "Ce n'est pas une sécurité permanente parce que rien n'indique qu'elle en ait besoin", a-t-il ajouté. 

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