Fin de vie : seuls 13% des Français ont écrit leurs "directives anticipées", voici comment les rédiger

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L'affaire Vincent Lambert : un interminable déchirement

CONSIGNES - Seuls 13% des Français ont rédigé leurs "directives anticipées" concernant leur fin de vie. Ce dispositif, qui resurgit en plein litige dramatique autour de Vincent Lambert, permet à l'individu de préciser ses volontés au cas où il ne pourrait plus les exprimer une fois parvenu en fin de vie.

Depuis 2016, tout majeur peut rédiger des "directives anticipées", sortes de dernières volontés médicales. Ainsi peut-il désigner une personne de confiance pour les faire appliquer et éviter des situations où les proches d'un malade se déchirent. Toutefois, seuls 13% des Français ont rédigé leurs "directives anticipées" concernant leur fin de vie, a déclaré mardi 21 mai le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), sur fond d'un nouveau déchirement familial dans l'affaire Vincent Lambert. 

"On a une loi Claeys-Leonetti qui est quelque chose de solide (...) mais qui n'est pas connue et qui n'est pas appliquée", a regretté Jean-François Delfraissy sur l'antenne de France Inter. "Seuls 60% des Français savent ce qu'il y a dans cette loi, 40% savent qu'il y a éventuellement des directives anticipées et 13% seulement des Français" ont rédigé les ont rédigées. "Le chiffre était le même il y a trois ans, c'est le point fondamental, on a une loi qui n'est pas appliquée", a-t-il ajouté. 

La question de ces "directives anticipées" a resurgi avec le nouveau rebondissement survenu dans l'affaire Vincent Lambert, ce patient tétraplégique, en étant végétatif, depuis un accident de la route en 2008. La Cour d'appel de Paris a ordonné lundi soir la reprise des soins interrompus le matin même. Depuis 2013, et la décision prise par son premier collège de médecins et sa femme d'arrêter les traitements, ses proches - ses parents d'un côté, sa compagne de l'autre - s'affrontent dans les tribunaux.

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Des consignes médicales à faire connaître

Prévu dans la loi Leonetti de 2005 et confirmé dans la loi Claeys-Leonetti de 2016, le dispositif dit de "directives anticipées", de prime abord complexe, est une démarche plutôt simple à effectuer par une personne majeure. Le ministère de la Santé propose sur son site internet deux modèles différents de déclaration, selon l'état de santé, à remplir, dater et signer. À tout moment, les informations renseignées dans le document peuvent être modifiées ou annulées à la demande de l'intéressé.

Cette déclaration, à renouveler tous les 3 ans et à faire connaître à sa famille, ses amis et/ou son médecin, permet de préciser les volontés d'une personne concernant les décisions médicales à prendre en fin de vie, sur les traitements et les actes médicaux à engager, limiter ou arrêter. Elle s'impose aux médecins le moment venu de prendre leurs décisions sur les soins à donner si la personne ne peut plus exprimer ses souhaits. Ils peuvent seulement y déroger "en cas d'urgence vitale le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation" ou lorsqu'ils apparaissent "manifestement inappropriés ou non conforme à la situation médicale". 

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