Aide aux migrants : l'agriculteur militant Cédric Herrou remis en liberté après sa nouvelle garde à vue

Aide aux migrants : l'agriculteur militant Cédric Herrou remis en liberté après sa nouvelle garde à vue
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MIGRANTS - L'agriculteur Cédric Herrou, connu pour son aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été interpellé samedi matin et placé en garde à vue, selon Le Figaro et les soutiens du militant, pour "aide à l'entrée et à la circulation de personnes en situation irrégulière". Il a été remis en liberté sans poursuites contre lui "à ce stade", selon son avocat.

Cédric Herrou de retour en garde à vue. L'agriculteur militant, connu pour avoir aidé des migrants qui souhaitaient passer la frontière de l'Italie à la France, a été interpellé samedi matin et placé en garde à vue, selon une information du Figaro citant une source policière. Il a été remis en liberté vers 18h30 sans poursuites contre lui "à ce stade", selon son avocat. Les deux hommes qui l'accompagnaient ont été libérés un peu avant Cédric Herrou.

Selon Le Figaro, les faits se sont produits au péage de la Turbie (Alpes-Maritimes). Cédric Herrou, visé pour "aide à l'entrée et à la circulation de personnes en situation irrégulière", a été interpellé avec deux autres personnes et les trois hommes ont été remis à la police aux frontières. 

Une information confirmée par les soutiens de l'agriculteur. Sur leur page Facebook, ces derniers précisent que les deux hommes interpellés avec lui seraient des compagnons d'Emmaüs, et qu'ils auraient été pris par erreur pour des migrants en situation irrégulière. "Ce matin, comme chaque samedi, Cédric Herrou est descendu à Saint-André avec deux compagnons d'Emmaüs Roya pour assurer un marché à la communauté Emmaüs Nice-Côte-d'Azur", racontent les soutiens. "Cédric est placé en garde à vue, bien que les deux compagnons ne soient pas en situation irrégulière", assurent-ils. "Il ne peut y avoir d'aide à l'entrée puisque les deux compagnons vivent à la communauté de Breil et donc en France."

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"Criminalisation et intimidation"

L'interpellation a suscité des réactions à gauche. "L'aide aux personnes en danger n'est pas un délit", a déclaré la députée LFI Mathilde Panot, dénonçant "une stratégie de criminalisation et d'intimidation des militants", tandis que l'ex-député européen Guillaume Balas, coordinateur de Générations, a apporté son "soutien" à Cédric Herrou "et à ses compagnons". Le leader LFI Jean-Luc Mélenchon a jugé pour sa part que cette interpellation était "un acte de vengeance d'une police qui ne supporte pas la décision de justice qui l'a relaxé".

Pour Cédric Herrou, il s'agirait, selon le décompte de Nice-Matin, de la onzième interpellation. L'agriculteur de 40 ans, qui produit de l'huile d'olive dans la région de Breil-sur-Roya, a traversé la frontière à plusieurs reprises depuis 2015 pour venir en aide aux migrants souhaitant se rendre en France. Il avait été interpellé une première fois en août 2016 alors qu'il transportait huit migrants dans sa camionnette. Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2017 après une interpellation à Cannes, alors qu'il accompagnait 156 demandeurs d'asile à Marseille. En juillet 2018, après une QPC déposée par son avocat, le Conseil constitutionnel avait consacré le principe d'aider autrui "dans un but humanitaire", un principe intégré par le Parlement, qui a assoupli la loi réprimant l'aide à l'entrée et au séjour irréguliers d'étrangers.

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