Aigle Azur : l'État cherche des solutions pour rapatrier les passagers (et sauver les emplois)

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SECOURS - Alors que la compagnie, en cessation d'activité, a cloué ses avions au sol à partir de ce vendredi soir, le gouvernement a annoncé qu'il discutait avec d'autres compagnies pour rapatrier les passagers, bloqués principalement en Algérie et au Mali.

Avions cloués au sol, passagers bloqués par milliers, emplois menacés : les autorités ont du pain sur la planche après l'annonce de la cessation d'activité de la compagnie Aigle Azur, en difficulté financière depuis plusieurs années. Ce vendredi, alors que les vols doivent cesser, le gouvernement a indiqué qu'il discutait avec d'autres compagnies pour rapatrier les voyageurs et trouver un repreneur de l'entreprise.

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"Nous discutons avec des compagnies aériennes françaises, avec le groupe Air France, pour mettre en place les solutions les plus appropriées et pour qu'aucun passager qui se trouve aujourd'hui hors du territoire français ne se retrouve sans solution", a expliqué vendredi matin le secrétaire d'Etat français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, par ailleurs ancien pilote de ligne. 

Des tarifs spéciaux sur d'autres compagnies pour les passagers bloqués

"Ce sont plusieurs milliers de personnes qui sont bloquées aujourd'hui", notamment "en Algérie et au Mali", a-t-il précisé. 44 vols doivent encore être assurés vendredi (retrouvez la liste complète ici), mais les clients d'Aigle Azur devront ensuite se débrouiller, la compagnie ayant annoncé qu'elle ne pourra dédommager personne ni assurer le rapatriement de voyageurs dont le vol retour a été annulé. "Si vous effectuez un vol retour après le 6 septembre 2019, et ce quel que soit l'aéroport de départ, ce vol est annulé. Vous serez contraint d'acquérir un autre billet retour", a-t-elle indiqué.

Air France a annoncé de son côté la mise en place de "tarifs spéciaux" pour les clients dont le vol Aigle Azur est annulé. Vueling a fait de même et a annoncé un tarif de 80 euros pour la liaison Alger-Marseille et de 100 euros pour Paris-Porto, "sous réserve de disponibilité" et ce jusqu'au 15 octobre.

Des repreneurs potentiels ?

Le gouvernement tente également de trouver un repreneur à la compagnie qui emploie 1.200 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, en déplacement à Strasbourg, a évoqué vendredi "une offre principale" de reprise, mais n'a pas dévoilé l'identité de ce repreneur potentiel. "Je ne peux pas vous en dire plus parce que je souhaite qu'elle aboutisse et que je ne veux pas affaiblir les discussions qui sont en cours", a-t-il déclaré, ajoutant que d'autres offres "sérieuses" sont "envisageables" et "sur la table".

"L'Etat accompagne et tente de susciter des projets de reprise", a assuré de son côté Jean-Baptiste Djebbari, ajoutant être "en contact avec d'autres compagnies mais aussi avec d'autres opérateurs aériens pour voir dans quelle mesure la reprise de l'activité peut s'opérer". Le secrétaire d'État a indiqué que plusieurs options sont sur la table : "Une reprise de l'ensemble de l'activité avec projet de restructuration" ou une "reprise un peu plus lointaine en scindant les activités long et moyen courrier". La compagnie, qui a aussi assuré à ses salariés que la recherche de repreneurs se poursuivait "activement", possède plusieurs atouts, en particulier des droits de trafic vers l'Algérie qui en font un acteur incontournable vers cette destination.

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