Aigle Azur : que peuvent faire les passagers bloqués pour repartir et être remboursés ?

Aigle Azur : que peuvent faire les passagers bloqués pour repartir et être remboursés ?
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ALTERNATIVES - La cessation d'activité de la compagnie aérienne Aigle Azur, ce vendredi, laisse plusieurs milliers de passagers sans vol. Comment faire pour obtenir un remboursement ou embarquer dans un autre avion ?

Que peuvent faire les milliers de passagers dont le vol Aigle Azur ne décollera pas ? Après l'annonce de la cessation d'activité de la compagnie aérienne, plusieurs options s'offrent à ceux qui doivent être rapatriés, ou à ceux qui souhaiteraient se faire rembourser.

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Des vols de remplacement sont-ils prévus ?

Pour les passagers bloqués à l'étranger qui doivent trouver un vol de remplacement, "Air France va rapidement mettre en place des tarifs spéciaux pour les clients en possession d'un billet Aigle Azur dont le vol est annulé", a assuré un porte-parole d'Air France. Une autre compagnie, Vueling, propose également des "tarifs spéciaux" sur des Paris-Porto et des Alger-Marseille entre le 6 septembre et le 15 octobre, "sous réserve de disponibilité". Il en coûtera au passager 80 euros pour la liaison Alger-Marseille et 100 euros pour Paris-Porto.

"Nous discutons avec des compagnies aériennes françaises, avec le groupe Air France, pour mettre en place les solutions les plus appropriées et pour qu'aucun passager qui se trouve aujourd'hui hors du territoire français ne se retrouve sans solution", a expliqué ce vendredi matin le secrétaire d'Etat français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Est-il possible de se faire rembourser son billet Aigle Azur ?

Les passagers qui souhaitent se faire rembourser leur vol Aigle Azur n'auront que très peu de chance de voir la compagnie leur rendre l'argent directement. Celle-ci étant en cessation de paiement, un tribunal de commerce a nommé un liquidateur qui a pour charge de régler les créances de l'entreprise avec les fonds restants. En priorité, ce sont les salaires des employés et les dettes qui sont réglées. Les passagers ayant acheté leur billet directement à la compagnie "ont tout perdu", affirme Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, un organisme qui regroupe les agences de voyage françaises.

Il reste cependant possible d'entreprendre certaines démarches. Si l'achat a été effectué il y a quelques jours ou moins, il est possible légalement de faire opposition au paiement "en cas de procédure de redressement ou de liquidation judiciaires du bénéficiaire", si le compte de la compagnie "n'a pas été crédité du montant de l'opération de paiement", selon l'article L133-17 du Code monétaire et financier.

Il est aussi possible de demander un remboursement à son assurance, ou à sa banque si le billet a été acheté avec une carte bleue. Certains contrats peuvent en effet inclure une assurance permettant de couvrir certains frais, comme par exemple les dépenses sur place, si l'assuré est bloqué à l'étranger.

Dernière possibilité : "Faire une déclaration de créance auprès du liquidateur et, en fonction du degré de priorité des créances, les passagers pourront être indemnisés avec ce qu'il reste de l'argent de la compagnie", a expliqué à Franceinfo Cécile Gaubert, avocate au barreau de Paris en droit aérien.

Pour les billets achetés avec des agences de voyage, plusieurs cas de figure

Pour les passagers qui ont acquis leur billet avec une agence de voyage, la situation est légèrement différente. Si l'agence de voyage a vendu le voyage seul, elle peut rembourser son client, mais rien ne l'y oblige. Mais si elle a vendu une offre complète, avec location de voiture ou réservation d'hôtel, elle doit trouver un vol de remplacement.

La situation diffère aussi en fonction de la date d'achat du billet. Dans La Tribune, Jean-Pierre Mas explique que si un billet est acheté via une agence de voyage, les sommes sont ensuite prélevées par l'Association internationale du transport aérien (IATA) tous les 15 du mois. Si l'achat a été effectué après le 15 août, il est donc possible de demander un remboursement à l'agence de voyage avant le 15 septembre. Celles-ci n'ont pas l'obligation de rembourser mais "elles le font généralement pour conserver leur clientèle", affirme La Tribune.

Jean-Pierre Mas a indiqué qu'il demanderait un remboursement à l'IATA et, en cas de refus, qu'il déposerait un référé "afin d'obtenir la mise sous séquestre de fonds" en vue de compenser les pertes des voyagistes victimes de l'arrêt de l'activité d'Aigle Azur. "On estime à 40.000 le nombre de billets Aigle Azur payés par les agences pour les semaines et mois à venir. Il y avait notamment des billets pour les vacances de Noël", a-t-il précisé.

En revanche, en cas d'achat avant le 15 août, les fonds ont déjà été transmis à l'IATA ou à Aigle Azur. Il est donc probable que le seul recours soit de se tourner vers son assurance personnelle ou à celle adossée à sa carte bancaire.

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