L'abattage d'un sanglier sur un parking de supermarché déclenche un vent d'indignation

C'est un animal d'une trentaine de kilos qui s'est retrouvée sur le parking d'un supermarché à Laon.
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POLÉMIQUE – Un sanglier qui s'était perdu a été abattu dimanche à Laon sur le parking d'un supermarché. Cette décision, prise à l'initiative des autorités, a suscité des réactions véhémentes. Une pétition en ligne réclame désormais "justice pour le sanglier assassiné".

Une scène inhabituelle s'est déroulée le 22 décembre sur le parking d'un supermarché de Laon, dans l'Aisne. Un sanglier affolé, visiblement perdu, a déboulé au milieu de la foule avant d'être enfermé par un client dans l'aire de jeux où il venait de pénétrer. La police, sollicitée, a fait appel à un lieutenants de louveterie, sous la direction du préfet. Ce dernier, interrogé par le quotidien régional L'Union. raconte sa réaction : "Je n’étais pas à Laon et je me suis dit qu’il fallait faire vite", indique-t-il, "J’ai donc à mon tour fait appel à un agent de développement de la Fédération des chasseurs."

Une trentaine de minutes plus tard, l'animal, qui pesait une trentaine de kilos, était abattu : "Cela a été fait sobrement, discrètement. La dépouille a été enlevée et tout a été nettoyé immédiatement", a indiqué le directeur de la Fédération des chasseurs de l’Aisne, Bruno Doyer. Racontée dans la presse locale, cette histoire a suscité l'émoi de Gabrielle Paillot, une citoyenne se décrivant comme "militante pour les droits des animaux". Elle a décidé dès le lendemain de lancer une pétition en ligne et demande "justice pour le sanglier assassiné". Depuis, le texte est massivement relayé. 

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Un abattage illégal ?

En quelques jours, plus de 40.000 signataires se sont mobilisés, réclamant qu'un "tel acte" ne soit pas laissé "impuni". La pétition estime que cet abattage était illégal, puisque "depuis février 2019, un nouvel arrêté pris par le gouvernement interdit de tuer les animaux à proximité des lieux publics : écoles, habitations, zones commerciales etc."

Le texte en question, paru au Journal officiel le 1er mars 2019, ne s'applique pas dans ce cas de figure. S'il vise à "limiter les incidents en fin de chasse à proximité des lieux habités", il est "relatif à l'exercice de la vénerie", mieux connue sous le terme de "chasse à courre". Or le sanglier retrouvé sur le parking de l'Aisne n'était pas poursuivi par des chasseurs et son "prélèvement" n'a donc rien d'illégal. 

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ARCHIVES - Quand les sangliers débarquent en ville

Le directeur de la Fédération des chasseurs a d'ailleurs précisé à L'Union que "lorsqu’un animal sauvage est retrouvé en ville, on peut le récupérer vivant et, avec l’autorisation de l’administration, le remettre dans un milieu clos comme un parc zoologique. Dans le cas présent, le sanglier est classé comme étant nuisible : il nous était impossible de procéder ainsi. La seule possibilité était de l’abattre."

Outre ce statut de "nuisible", également attribué au renard par exemple, le sanglier pourrait représenter un risque. Il "peut être agressif", notait le représentant des chasseurs, "d’autant plus dans un lieu comme celui-ci. Il n’était pas question de le capturer. Dans pareilles circonstances, la consigne est de prendre le moins de risques possible pour tout le monde, d’intervenir vite et de manière efficace : c’est ce qui a été fait."

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