Allongement du congé paternité à 28 jours : qu'en pensent les pères ?

 Allongement du congé paternité à 28 jours : qu'en pensent les pères ?
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TÉMOIGNAGES - La durée du congé de paternité va passer à 28 jours contre 14 actuellement. LCI a contacté de jeunes pères pour savoir, même s'ils ne pourront en bénéficier, comment ils accueillent cette avancée majeure, très plébiscitée notamment par les jeunes générations.

A la naissance d’un enfant, les pères pourront à l'avenir bénéficier d’un congé d’un mois (28 jours, dont 7 obligatoires), soit le double ce qui est prévu par loi à ce jour. Une avancée majeure qui permet à la France de rattraper son retard en la matière sur d'autres pays. La mesure a été annoncée par Emmanuel Macron ce mercredi et entrera en vigueur en juillet 2021.

LCI a contacté de jeunes papas pour recueillir leur sentiment face à ce progrès social. 

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Ce sont des moments uniques. C’est là que tout commence.- Olivier, 43 ans, père de trois enfants.

Pour Olivier, 43 ans et père de trois enfants, il est essentiel de pouvoir partager les premiers pas de la vie de l'enfant.

 "J’avais déjà pris un congé pour mes deux premiers enfants (des jumeaux), il y a 12 ans. Cela tombait pendant la période estivale. Cela n’a donc pas eu trop d’incidences sur mon travail et mon entreprise. Pour le troisième enfant, début 2019, je voulais en revanche absolument disposer d’un temps important pour vivre pleinement le moment avec ma femme et lui. L’arrivée d’un enfant, c’est un bouleversement et un nouvel équilibre familial qui se crée. Il faut pouvoir être disponible pour cette nouvelle vie. Ce sont des moments uniques. Et c’est là que tout commence" .

"A la naissance de ce troisième enfant, j'ai choisi de prendre deux mois et demi. A ma surprise, cette demande de congé paternité allongé a été acceptée sans difficulté par ma hiérarchie, signe que les mentalités évoluent. Le directeur de mon entreprise m’a même félicité, expliquant qu’il regrettait de ne pas l’avoir fait 30 ans plus tôt pour la naissance de ses propres enfants !".

Il est évident que certains employeurs vont faire la grimace au début. - Jonathan, 34 ans, père d'un petit garçon d'un mois

Au creux de l'été, Jonathan, 34 ans, est devenu papa pour la première fois. Selon lui, la présence du père est essentielle, car cela permet de créer un lien avec l'enfant et aussi de soulager un peu la mère. 

"Deux semaines, c'est beaucoup trop court pour appréhender cette nouvelle vie qui débute. Au cours des premières semaines, l'enfant requiert une grande attention. C'est presque du 24 heures sur 24. En étant présent aux côtés de la mère, cela peut permettre de se répartir les tâches et de se relayer pour s'en occuper. Et c'est là aussi que les premiers liens se créent".

 "Il est évident que certains employeurs vont faire la grimace au début. Je ne suis pas certain que mon père aurait pris un congé paternité, notamment à cause du jugement de ses collègues masculins. A son époque, la société n'était pas prête. Heureusement, les mentalités ont évolué depuis."

La France aurait pu s'inspirer du modèle allemand.- Renaud, 35 ans, papa d'une petite fille de 2 ans.

A la naissance de sa fille, Renaud, 35 ans, a pris un mois de congé.

"J’étais indépendant, j’ai donc pu prendre un mois. J’étais bien content de pouvoir être aux côtés de mon épouse. Elle était très fatiguée à cause d’un accouchement compliqué. J'ai pu l’épauler pendant les premières semaines. Un mois, c’est le minimum. 

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"La France aurait dû s'inspirer du modèle allemand. Là-bas, les parents se partagent les 14 mois de congés. La mère peut reprendre le travail plus tôt si elle le souhaite. Dans ce cas, le père continue de s'occuper de l'enfant en restant à la maison. Dans les faits, le plus souvent, c'est quand même l'homme qui reprend le travail en premier."

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