Angers : des cyanobactéries prolifèrent dans un lac rendant impossible la baignade, de quoi s'agit-il ?

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EN BREF - De fins filaments aussi appelés cyanophycées détectés en présence importante dans le plan d'eau d'un site de loisirs nautiques du Maine-et-Loire a conduit l'agence régionale de santé a suspendre l'autorisation de se baigner. Alors que des résultats d'analyses sur leur éventuelle toxicité sont attendus mercredi, que faut-il savoir à ce sujet ?

Cela fait que trois jours que les Angevins et vacanciers de la région sont privés de baignade dans le lac de Maine. Le principal site de loisirs nautiques d'Angers (Maine-et-Loire) fait en effet l'objet d'une interdiction de se baigner depuis samedi, a fait savoir l'Agence régionale de santé (ARS) de Pays de la Loire. En cause ? Une présence importante de cyanobactéries dans l'eau.  Des résultats d'analyses sur l'éventuelle toxicité de ces fins filaments qui prolifèrent sont attendus mercredi, mais de quoi parle-t-on vraiment ?


Appelées aussi cyanophycées ou "algues bleues", les cyanobactéries sont des bactéries photosynthétiques, autrement dit qui tirent parti, comme les plantes, de l'énergie solaire pour synthétiser leurs molécules organiques. Si elles vivent aujourd'hui un peu partout, dans l'océan, les eaux douces mais aussi sur la terre ferme, elles peuvent devenir dangereuses pour la faune et la flore lorsqu'elles prolifèrent dans le milieu, libérant alors des cyanotoxines, parfois mortelles pour les animaux et dangereuses pour l'Homme.

En août 2017, la présence de cyanobactéries à la toxicité reconnue sur les bords de la Loire et du Cher avait ainsi entraîné l'intoxication d'une douzaine de chiens. Souvent sous l'effet de la chaleur, il arrive en effet que les cyanobactéries se multiplient en abondance dans des milieux aquatiques déséquilibrés par de fortes concentrations d'azote et de phosphore. "Ce sont des phénomènes difficiles à prévoir qui peuvent s'accélérer sous l'effet d'une augmentation des températures et de l'ensoleillement", détaille Thierry Polato, ingénieur d'études sanitaire au département Santé Publique Environnement de l'ARS.


"C'est une vraie efflorescence de ces algues qui a conduit les gestionnaires du site à intervenir samedi. Nous avons aussitôt lancé des analyses biologiques pour identifier la nature des cyanobactéries en présence et rechercher d'éventuelles toxines", a indiqué l'ARS de Pays-de-la-Loire. Les résultats de ces analyses sont attendus pour mercredi. Si ces derniers conditionneront la décision de levée ou de poursuite de l'interdiction de baignade, il est d'ores et déjà établi que la famille de cyanobactéries présente dans le lac de Maine n'est pas la même que celle de la Loire et du Cher il y a deux ans, a indiqué l'ARS.

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