Qui sont les quatre ultimes survivants des compagnons de la Libération ?

Hubert Germain, un des quatre derniers survivants des compagnons de la Libération. Photo prise lors d'une commémoration à l'appel du général De Gaulle le 18 juin 2019
Population

MÉMOIRE - A la veille de la commémoration du 80e anniversaire de l'appel de Charles De Gaulle, seuls quatre des 1038 compagnons de la Libération sont encore en vie. On vous présente ces résistants de la première heure, des personnalités marquantes aux destins extraordinaires.

Une distinction "destinée à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de la Libération de la France et de son Empire". L'article 1er de l'ordonnance du 16 novembre 1940 met en place les compagnons de la Libération. Ce titre a été accordé à un cercle très fermé d'individus, seulement 1038, ce qui lui donne une valeur d'autant plus notable. Une large part d'entre eux - 238 personnes, soit environ 20% - a été nommée à titre posthume. Aucun critère particulier (sexe, âge, origine, grade) n'est établi, seuls comptent la valeur de la personne et surtout les services (exceptionnels) rendus à la nation. 

Quelques personnalités marquantes ont fait partie de cet ordre, de l'ancien ministre Jacques Chaban Delmas aux maréchaux Leclerc, de Lattre de Tassigny et Kœnig, du cardinal Saliège à Winston Churchill. A l'heure de célébrer le 80e anniversaire de l'Appel du 18 juin, moment fondateur de la résistance française, retour sur la vie des quatre derniers survivants de cet ordre : Hubert Germain, Pierre Simonet, Daniel Cordier et Edgard Tupët-Thomet. 

Hubert Germain

Hubert Germain, né le 6 août 1920, passe le concours d'entrée de l'école navale à Bordeaux pendant la débâcle de l'été 1940. Rapidement, il sent qu'il n'est pas à sa place. A l'AFP, il avait d'ailleurs confié cette anecdote : "Au bout de cinq minutes je me suis dit : mais qu'est-ce que tu fais là ? Je me suis levé en disant à l'examinateur : je pars faire la guerre." Dans la foulée, il embarque pour l'Angleterre et s'engage dans la légion étrangère. Il combat successivement en Syrie, en Libye (notamment à Bir Hakeim), en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Après une blessure, il est décoré de l'ordre par De Gaulle en 1944 en Italie. 

A la fin de la guerre, après une expérience dans une usine de produits, il s'engage dans la politique. Il devient notamment maire de Saint-Chéron (Essonne), député de Paris, puis ministre des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones).

Pierre Simonet

Le benjamin du quatuor. Né le 27 octobre 1921 à Hanoi (Indochine), il est trop jeune pour être mobilisé au moment de la déclaration de guerre. Après le discours de Pétain, il refuse de déposer les armes. Il rejoint l'Angleterre et s'engage rapidement dans les Forces françaises libres (FFL), dès juillet 1940. Il est affecté au corps d'artillerie et combat en Syrie avant de s'illustrer lors des batailles de Bir-Hakeim et d'El Alamein. Il participe également aux campagnes de Tunisie, d'Italie et de Provence. 

Après sa démobilisation au sortir du conflit, il débute une fructueuse carrière dans l'administration internationale (ONU, OCDE, FMI...)

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Daniel Cordier

Daniel Cordier voit le jour dans une famille de négociants à Bordeaux le 10 août 1920. Très actif dans sa jeunesse, il fonde notamment le cercle Charles Maurras dans la ville d'Aquitaine à l'âge de 17 ans. Révolté par l'annonce radiophonique de Pétain, il estime "insupportable" de perdre une guerre que la France "avait gagnée vingt ans plus tôt". Il rallie la France Libre dès juin 1940 à Londres et s'engage dans la "Légion de Gaulle". A l'été 1941, il rejoint les services secrets des FFL :  Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA). Après son parachutage en France en 1942, il est engagé comme secrétaire par Jean Moulin. Après l'arrestation de cette figure de la résistance, il est pourchassé par la Gestapo et se voit obligé de retourner en Angleterre. 

Il fait une grande carrière de marchand de tableaux d’art contemporain et galeriste après la guerre. Il fait notamment don de nombreux tableaux au musée Pompidou. Il publie en 1983 une immense biographie sur Jean Moulin. 

Edgard Tupët-Thomet

Edgard Tupët naît le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Île-de-France). Il se détourne de ses études théologiques pour s'engager dans l'armée en 1938. Il prend part à quelques combats lors de l'invasion allemande en 1940, notamment en Lorraine et à Dunkerque. Après avoir été capturé, il s'évade de Rexpoëde le 10 juin au cours de son transfert vers l'Allemagne. Edgart Tupët s'engage ensuite dans la résistance intérieure. Il devient l'un des quatre premiers engagés militaires secrets des FFL en France et participe à des opérations à haut-risque en Bretagne, dans le Jura et en Hollande. 

Dès 1945, il démissionne de l'armée et est nommé administrateur des Colonies en Tunisie l'année suivante. Par la suite, il reprend des études d'ingénieur et passe par Singer, un laboratoire pharmaceutique à Neuilly, et à Panhard. 

Toutes ces personnalités marquantes ne sont pas "seulement" décorés de l'ordre de la Libération. Ils sont également notamment membres de la Légion d'Honneur et ont reçus de nombreuses autres distinctions françaises et étrangères. 

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