Après l’incendie de Lubrizol, un rapport pointe l’impréparation de la France face aux risques industriels

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L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

ALERTE - Communication défaillante, prévention inachevée, manque de coopération lors de crises... Un peu plus d'un mois après l'incendie de Lubrizol, des collectivités locales concernées dressent un constat alarmant de l'exposition aux risques technologiques.

Une fois n’est pas coutume, débutons par la conclusion. "La mise en protection des activités riveraines reste une étape à franchir", constate pour finir l’association des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris), tout au bout de son "livre blanc" publié mardi. Un document visant à faire le point sur la mise en oeuvre des Plans de prévention des risques technologiques (PPRT) créés en 2003, après la catastrophe de l'usine AZF de Toulouse en 2001, où 31 personnes avaient perdu la vie. Et auquel l’incendie de Lubrizol, il y a un mois, donne une portée particulière.

Plus de 15.000 logements exposés

Ladite conclusion dresse le constat suivant : sur 16.000 logements concernés par des travaux obligatoires de "mise en protection" autour des sites dits "Seveso seuil haut" (comme Lubrizol, soit un peu plus de 700 établissements en France), seuls 600 ont été "traités", faute de financement. Le rapport pointe, en outre, le manque d'information et d'accompagnement des acteurs économiques et des collectivités pour mettre en œuvre leurs obligations.

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L’Amaris dénonce également "des modalités de communication inadaptées et désuètes" en cas de crise, comme l'a de nouveau montré l'incendie Lubrizol : "Le préfet fait déclencher une sirène qu'à peu près personne ne sait décrypter et qui veut dire ‘restez chez vous’, sauf que quand on voit un panache de fumée ou des flammes on n'a pas envie de rester chez soi", résume Yves Blein, député LREM du Rhône et président de l'association.

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Le "livre blanc", qui devrait être remis aux autorités d'ici la fin de l'année, contient cependant une série de recommandations. Parmi les pistes suggérées, le "cell broadcast", en vigueur au Japon ou aux Etats-Unis, permettant aux opérateurs d'envoyer des messages sur tous les mobiles se trouvant dans une zone donnée. Ou encore la mise en place de systèmes d'analyse des réseaux sociaux pour cibler les préoccupations des riverains et éviter les écarts entre communication officielle et craintes de la population. "Dans une crise, il faut aller vite, insiste Yves Blein. C'est la qualité de la communication en amont qui va faire que ça se passe bien. Et aujourd'hui, ça ne se fait pas."

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