Avec Radio Libellules, des étudiants tissent des liens avec des résidents d’Ehpad

Avec Radio Libellules, des étudiants tissent des liens avec des résidents d’Ehpad

SOLIDARITÉ – Pendant le confinement, Emma, Valentin et Guy ont tendu leur micro à des résidents d’Ehpad. Quatre mois plus tard, ces étudiants continuent d’animer Radio Libellules.

C’était un pari lancé pendant le confinement et qui perdure tandis que chacun reprend peu à peu une vie normale. Avec Radio Libellules, une radio associative fondée à la mi-mars, aux prémices du confinement, Emma, Valentin et Guy, deux étudiants à l’université Bordeaux-Montaigne et un spécialiste en gérontologie, décident de donner la parole à des résidents d’Ehpad. "On avait le sentiment que la solitude allait arriver et que ça allait être compliqué. Ça nous a tous marqués, ça nous a touchés, on s’est dit : pourquoi pas faire une émission ?", résume ainsi Valentin depuis sa chambre d’ado transformée en studio toute la durée du confinement. A distance avec Guy, ils enregistrent alors des interviews dans les Ehpad, fermés au public en raison de l’épidémie.

Les fondateurs de Radio Libellules poursuivent aujourd’hui leur mission alors que le confinement est derrière eux et que les établissements reçoivent à nouveau des visites. Pour la première fois, ils se sont réunis autour d’un studio éphémère installé dans un Ehpad. "Nos chroniqueurs, ces sont nos aînés", explique Valentin. 

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Une radio "100% bonne humeur"

Témoignages de guerre, musiques de Charles Aznavour… les émissions se veulent rythmées et dynamiques, autant de recettes pour procurer de la joie et échanger entre générations. "D’avoir des jeunes autour de soi, ça remonte un peu parce que le moral est parfois très bas", témoigne une résidente. C’est d’ailleurs comme ça qu’ils décrivent leur projet : une radio "confinement 100 % bonne humeur". 

Emma, elle, a souhaité pousser l’expérience plus loin au déconfinement en travaillant deux semaines comme agente de service au sein de l’Ehpad dont elle a tant décrit le quotidien. "Monsieur Thomas ? Vous voyez ce gros machin ? C’est un micro", lance-t-elle à un vieux monsieur aux lunettes rectangulaires et au pull bordeaux qu’elle s’apprête à interroger. "Ça a changé notre vie. C’est un mot fort mais ça nous a appris plein de choses : le lien, l’échange, c’est la base de notre construction", appuie Valentin, une fois l’émission terminée. "Un petit mot de la fin mot Ginette ?", demande-t-il. "J’ai hâte que vous reveniez… Le plus vite possible."

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