#BalanceTonMetro : le problème du harcèlement sexuel dans les transports est loin d'être réglé

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SEXISME - Militantes féministes et usagères dénoncent, une nouvelle fois, le harcèlement sexiste et sexuel subi dans les transports en commun. La RATP, de son côté, réfute toute accusation d'inaction.

Regards insistants, frottements, mains aux fesses... Malgré une médiatisation accrue et quelques précédentes campagnes de sensibilisation, l'époque du harcèlement sexiste et sexuel dans les transports en commun est encore loin d'être révolue. En témoigne cette nouvelle campagne féministe lancée sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #BalanceTonMetro. 


Sur Twitter, elles sont nombreuses - à nouveau - à dénoncer des harceleurs et des agresseurs semblant agir, dans la plupart des cas, en toute impunité. Des faits qui pourraient être qualifiés pénalement d'exhibition sexuelle ou d'agression sexuelle. 

Un mouvement qui ne se cantonne pas uniquement aux réseaux sociaux. Ce mercredi 24 avril, une poignée de militants se sont réunis devant le siège de la RATP pour une action coup de poing au moyen de chansons détournées et du mot "proie" inscrit sur le front. Des affiches ont également été réalisées, elles ont vocation à être partagées sur les réseaux sociaux et collées dans les stations. Parmi les slogans imaginés : "Pervers Lachaise" ou encore "Porc royal", du nom de stations parisiennes. Chaque affiche reprend ce chiffre, issu d'une précédente étude du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes : 100% des femmes ont déjà été harcelées dans les transports

Des agressions au quotidien

A l'origine de cette action, la militante Anaïs Leleu (c'est elle qui a porté plainte contre le syndicat national des gynécologues obstétriciens de France en mars dernier, suite à la leur menace d'arrêter les IVG). Dimanche soir, dans la ligne 5 du métro parisien, la jeune femme a été suivie puis agressée sexuellement par un usager. "Sur le quai, j'ai cherché des agents, j'ai sonné à la borne d'urgence, mais comme le mec me suivait je n'ai pas pu attendre." En définitive, Anaïs Leleu s'est sentie bien seule. Pour s'en sortir, elle a fini par prendre à témoin deux musiciens du métro, devant lesquels l'agresseur a fait demi-tour.  


De son côté, la RATP, contactée par LCI ce mercredi, se dit "surprise" de ce hashtag et conteste le procès en inaction qui lui est fait. "On ne peut pas dire qu'on ne fait rien. La RATP est fortement engagée en faveur de conditions idéales pour bien voyager ensemble". Et de citer les précédentes initiatives menées pour lutter contre le harcèlement sexuel, parmi lesquelles une campagne de sensibilisation lancée dès 2015, une autre campagne de communication commune entre la région Ile-de-France, la RATP et la SNCF, la mise en place de récents dispositifs d'alerte (par appel au 3117, par SMS au 31177). Par ailleurs, ajoute-t-on, "nous avons plus de 50.000 caméras fonctionnelles, 5300 agents en stations et gares, 1000 agents de sûreté sur le réseau. Et tous ces agents sont formés à l'accueil et à la prise en charge de victimes de harcèlement sexuel dans le cadre d'un module organisé par la Miprof (mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains, ndlr)". 


Des dispositifs dont la militante n'ignore rien. "Mais bien que tout cela soit mis en place, je constate qu'on vit encore des violences au quotidien dans les transports : c'est bien que quelque chose ne va pas. Donc, il faut arrêter l'hypocrisie et cesser de nous culpabiliser et de nous répéter qu'il faut porter plainte, car visiblement cela ne fonctionne pas." Et Anaïs Leleux ne compte pas en rester là : elle compte assigner la RATP en justice, au civil, dans les prochains jours.

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