Confiance dans les médias : léger regain de crédibilité mais désintérêt grandissant

Confiance dans les médias : léger regain de crédibilité mais désintérêt grandissant
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SONDAGE - Malgré un léger regain de confiance pour les médias traditionnels, le 33e Baromètre de la confiance des Français dans les médias réalisé par Kantar pour "La Croix" observe une confiance toujours abîmée et un intérêt pour l'actualité qui n'a jamais été aussi faible.

Les médias ont la vie dure. Après avoir atteint son plus bas niveau historique l'an dernier, période marquée notamment par la crise des Gilets jaunes, la confiance des Français envers leurs moyens d'information remonte, mais de très peu, nous apprend le Baromètre de la confiance des Français dans les médias, réalisé par Kantar pour le journal La Croix. Le niveau reste bas, puisque la confiance dans les informations dispensées à la radio est de 50%, celles diffusées à la télé de 40%, celles dans la presse écrite 46% et celles sur internet... de 23%, en baisse de deux points par rapport à l'année dernière, soit son plancher historique.

Un désintérêt record pour l'actualité

Les chiffres de l'intérêt porté à l'actualité traduisent également cette perte de confiance. En effet, après avoir atteint 76% en 2015, ce sont désormais 59% des Français interrogés qui disent y porter un intérêt "assez grand" ou "très grand", contre 41% admettant un intérêt "très faible" ou "assez faible". Un chiffre en chute de huit points par rapport à l'année passée. Cette défiance n'épargne pas les plus jeunes, puisqu'ils ne sont que 51% à s'intéresser à l'actualité parmi les 18-24 ans.

Interrogé par l'AFP, le patron de la radio publique franceinfo, cette défiance s'est accélérée avec "la crise des Gilets jaunes", un événement "qui reste dans la mémoire historique de nos rédactions, comme quelque chose de très fort, comme un acte de défiance et même de violence physique avec les journalistes qui ont été très malmenés sur le terrain".

En vidéo

Médias : la défiance des gilets jaunes

Surmédiatisation de certains sujets et mauvaise perception de la vie des Français

Où se trouvent les origines de cette défiance ? Le sondage mené par Kantar esquisse quelques pistes : la tendance à la surmédiatisation de certains sujets, d'aucuns jugeant que l'incendie de Notre-Dame-de-Paris ou les polémiques sur le port du voile ont occupé trop de place dans les médias, là où les incendies de forêt en Californie, en Amazonie et en Sibérie cet été ont été sous-traités. De la même façon, ils sont plus de 7 sur 10 à considérer que les médias ne rendent pas "mieux compte de la vie des Français", malgré les Gilets jaunes. La question de l'indépendance des journalistes est également discutée, puisque pour 68% des personnes interrogées, la profession n'est pas indépendante des pressions politiques et exécutives. 

Ce constat fait, les représentants de la profession posent aujourd'hui la question : "Qu'est-ce qu'on fait de tout ça", à l'instar de François-Xavier Lefranc (Ouest-France). Education aux médias, lutte contre la désinformation, accroissement de la présence numérique des médias traditionnels, et dialogue entre rédactions et citoyens sont des pistes privilégiées. Une autre idée fait son chemin, mais qui divise la profession : la constitution d'une instance de déontologie qui pourrait servir d'arbitre et de médiateur, relève l'AFP. Un conseil de déontologie journalistique et de médiation a d'ailleurs vu le jour fin décembre. Pour les personnes interrogées, c'est d'ailleurs principalement aux journalistes d'apporter une réponse à cette crise.

Le baromètre a été réalisé par Kantar pour La Croix, du 2 au 6 janvier, auprès d'un échantillon représentatif de 1.007 personnes.

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