Bise et poignée de main interdites ? Ce n'est pas la première fois dans l'histoire

Bise et poignée de main interdites ? Ce n'est pas la première fois dans l'histoire
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RETOUR EN ARRIÈRE - Avec la pandémie de coronavirus, nos rituels de salutation qui impliquent un contact sont désormais proscrits. Ce n'est pas la première fois. Mais si l'histoire bégaye, l'origine de ces marques de sympathie remonte à des temps illustres. On vous raconte, suivez le guide.

La crise sanitaire continue de bouleverser en profondeur nos rites d’interaction. Derrière la nécessité sanitaire de nous protéger, les contacts humains sont désormais proscrits ou presque. Les traditionnelles embrassades et autres poignées de main, ces gestes qui symbolisent bien plus qu’une simple marque de politesse, vont-elles disparaître ? Difficile d'y croire, d'autant ce n’est pas la première fois dans l’histoire que la bise s’éclipse momentanément à cause d’un virus. 

Au XIVe siècle déjà, la bise est proscrite. On lui reproche de propager le virus de la peste noire. Pour retrouver l'origine de la bise, il faut remonter bien plus loin dans le temps. Le premier à en parler n’est autre que l'historien grec Hérode, il y a vingt-cinq siècles, dans un ouvrage nommé L'Enquête. "Lorsque deux Perses se croisent en chemin : s’ils sont du même rang : ils s’embrassent sur la bouche ; si l’un d’eux est d’un rang inférieur, ils s’embrassent sur les joues", relatait ainsi le "Père de l'Histoire" dans ses écrits. 

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De nombreuses références à ce baiser fraternel figurent également dans la Bible. Le plus célèbre étant celui de Juda à Jésus juste avant de le trahir. Plus tard, à partir du Moyen-Âge, le baiser devient une marque de fidélité entre le vassal et son seigneur. "Cela voulait dire qu’il se mettait à son service, pour la guerre notamment. Le seigneur relevait [son vassal] et l’embrassait, c’est-à-dire qu’ils étaient à la même hauteur de bouche à bouche", décrit l’écrivain Gérald Cahen, auteur de l'ouvrage Le Baiser - Premières leçons d'amour (aux éditions Autrement).

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Puis, au fil du temps, la bise perd progressivement son caractère solennel et sert alors à exprimer une marque de tendresse, mais uniquement dans un cadre privé. Depuis quelques décennies, la bise se fait en public, que ce soit pour encourager son enfant le jour de la rentrée ou tout simplement pour afficher sa sympathie, y compris entre hommes. 

En France, cette pratique continue malgré tout de diviser. D'un côté, les sympathisants de la bise qui commence à droite et de l’autre ceux qui préfèrent commencer par la gauche, comme le veut la tradition dans les régions du nord-est et du sud-est de l’Hexagone. Autre point de discorde, son nombre : une fois, deux fois, trois, quatre ?  Là encore, à chacun sa préférence, l'histoire n'a toujours pas tranché.

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Quant à la bonne vieille poignée de main, qui a elle-aussi été bannie provisoirement de nos rituels de salutation, elle est de fait bien moins complexe. En diplomatie, elle sert à entériner une alliance. La légende raconte que ce geste permettait de prouver que l’on venait sans poignard. "Cela vient plutôt du XIXe siècle et des paysans, sur le marché, qui font leurs affaires. Une fois terminé, ils se topaient la main pour sceller leur accord", explique l’anthropologue Emmanuel Desveaux, qui lie d'ailleurs cette pratique à l’idéal républicain du XIXe siècle. Un idéal républicain dont nous écrivons encore les chapitres. Même si le dernier semble beaucoup moins convivial.

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