Autoroutes : la consultation du téléphone et des écrans de plus en plus accidentogène

Autoroutes : la consultation du téléphone et des écrans de plus en plus accidentogène
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SÉCURITÉ ROUTIÈRE - L'inattention, notamment due à l'utilisation des téléphones en conduisant, cause un accident mortel sur cinq sur l'autoroute. D'après un bilan publié vendredi 24 juillet par l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, 42% des usagers admettent par exemple envoyer des SMS au volant.

Smartphone, GPS, tablettes... 65% des conducteurs déclarent interagir avec leurs écrans en conduisant. C'est ce qui ressort d'une enquête* publiée ce vendredi 24 juillet par l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA). C'est certes 7 points de moins qu'il y a deux ans. 

Mais parmi ces personnes qui ne peuvent pas se passer d'écran au volant, les comportements à risques sont en forte hausse. Parmi ceux qui déclarent ainsi utiliser leur téléphone en conduisant, 71% indiquent répondre en kit mains libres et 69% passer un appel par ce biais (+14 points dans les deux cas) ; 57% disent consulter leur appareil lorsqu’ils reçoivent une notification (+12 points) ; 42% reconnaissent répondre ou écrire un SMS en tenant le téléphone à la main (respectivement +7 points et +8 points). A noter que l'envoi d'un message qui mobiliserait l'attention pendant par exemple 15 secondes représente un laps de temps pendant lequel on parcourt 500 mètres à 130 km/h.

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Des écrans qui seraient "la cause principale" des accidents dus à l'inattention, selon Christophe Boutin, délégué général de l'ASFA. Il précise cependant que le nombre d'accidents causés par les écrans est difficile à établir car "quand les personnes ont un accident, elles ne déclarent pas spontanément qu'elles étaient au téléphone, donc on pense qu'il y a un fort biais de sous-déclaration", explique-t-il.

Or l'inattention, en générale, est à l'origine de 20% des accidents mortels sur autoroute, une part qui a quasiment doublé en deux ans. Elle devient ainsi le troisième facteur derrière l'alcool, les drogues et médicaments d'une part (21%) et la somnolence et la fatigue d'autre part (21%). Elle devance désormais devant la vitesse excessive (16%). Surtout, sa part est en constante augmentation (11,3% en 2017, 13,6% en 2018). 

"C'est une dynamique inquiétante et un facteur dont on craint qu'il ne prenne encore plus d'importance à l'avenir", souligne Christophe Boutin. Des comportements particulièrement présents chez les hommes et les moins de 35 ans qui considèrent moins que la moyenne la dangerosité des téléphones. En effet, 24% des plus jeunes déclarent garder à la main leur appareil (contre 3 % des plus de 50 ans) et 29% sur les genoux (contre 5% pour leurs aînés).

* Enquête en ligne réalisée par Harris Interactive pour l’ASFA en juin 2020, auprès de 1.500 Français âgés de 18 ans et plus.

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