Budget 2020 de la Sécu : un mauvais coup pour des hôpitaux sous tension ?

Budget 2020 de la Sécu : un mauvais coup pour des hôpitaux sous tension ?
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SANTE - Les députés ont achevé vendredi l'examen en première lecture du projet de loi de finances pour la Sécurité sociale en 2020, qui fixe des plafonds de dépenses pluriannuelles. L'opposition dénonce l'objectif fixé pour les hôpitaux, déjà sous tension, qui vont devoir à nouveau se serrer la ceinture. Le vote est prévu mardi.

Les hôpitaux au régime sec ? Les députés voteront mardi en première lecture le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale pour 2020 (PLFSS), avec au menu de nouvelles contraintes budgétaires destinées à maîtriser les dépenses de l'Assurance maladie. Le milieu hospitalier, agité depuis plusieurs mois par des mouvements sociaux, est tout particulièrement concerné par ces mesures d'économies, ce qu'a dénoncé l'opposition lors de l'examen du texte qui s'est achevé vendredi soir. 

Le PLFSS 2020 prévoit en effet un objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) limité à 2,3% de hausse annuelle pour 2020, 2021, 2022 et 2023 afin de permettre le retour à l'équilibre des comptes de l'Assurance maladie. Par comparaison, l'Ondam était de 2,5% en 2019, après avoir été cantonné autour de 2% les années précédentes. Cela représente, pour 2020, 205 milliards de dépense pour l'Assurance maladie, et 4,6 milliards de hausse. Le budget de la Sécu augmente donc bien, mais nettement en-dessous de la "progression tendancielle des dépenses", évaluée à 4,4% en 2020. Conséquence : il faut trouver 4,2 milliards d'économies supplémentaires l'an prochain.

800 millions d'économies sur les hôpitaux

Dans le détail, l'objectif fixe à 2,1% la hausse des dépenses spécifiques du secteur hospitalier, contre 2,3% en 2019. Cela représenterait un budget plafonné à 84,2 milliards d'euros, comme l'indique le tableau du PLFSS : 

Cela représenterait "800 millions d'économies supplémentaires" à réaliser dans le secteur hospitalier, a évalué le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, qui a dénoncé une "douche froide". 

La FHF et les représentants des hôpitaux ont lancé jeudi un "appel" pour que les objectifs soient revus à la hausse, portant "a minima" à 2,4% la progression des dépenses hospitalières afin de faire face "à la crise sociale que traversent les hôpitaux et répondre aux enjeux de transformation du système de santé". Une mesure soutenue par l'opposition de gauche. "L'hôpital n'est pas en mesure d'encaisser un nouveau choc", a ainsi estimé le député communiste Pierre Dharréville durant l'examen du texte, tandis que le socialiste Boris Vallaud, dont le groupe défend une hausse de 250 millions d'euros l'an prochain, y voyait "une provocation". 

"Il faut faire un geste", a reconnu le député LaREM Olivier Veran, rapporteur général du budget de la Sécu. "J'accueillerai tout geste favorable en direction de l'hôpital à bras ouvert." Pour l'heure, Agnès Buzyn loue "l'effort considérable" du gouvernement "pour inverser la tendance des dix dernières années". Sur ce dossier, la ministre de la Santé est attendue au tournant. Elle doit présenter, courant novembre, son "plan de soutien" censé répondre au malaise du secteur hospitalier.

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