"C'est des monstres, des monstres" : la colère de la mère de Vincent Lambert après l'arrêt des soins de son fils

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L'affaire Vincent Lambert : un interminable déchirement

FIN DE VIE - Conformément à la décision des médecins le 11 mai dernier, l'arrêt des soins de Vincent Lambert, en état végétatif depuis 10 ans, a commencé dans la matinée du lundi 20 mai. Une décision qui a conduit les parents du patient à saisir la CEDH. Devant l'hôpital, sa mère a exprimé sa colère.

Après avoir maintenu Vincent Lambert en vie pendant plus de dix ans, les médecins ont commencé à procéder à l'arrêt des soins, lundi 20 mai au matin. Selon le protocole habituel, les médecins devraient commencer par l'endormir grâce à la sédation profonde et continue, accompagnée d'anti-douleurs pour éviter la moindre souffrance. Ils arrêteront ensuite de l'alimenter et de l'hydrater artificiellement, sans que Vincent Lambert ne ressente une sensation de faim ou de soif. Le décès devrait ensuite intervenir dans les jours qui suivent.

Six ans de bataille judiciaire

"L'arrêt des traitements" et "la sédation profonde et continue" ont été "initiés ce matin", a écrit le Dr Sanchez, chef de service des soins palliatifs, dans un mail à la famille. "Dans cette période douloureuse, j'espère pour Monsieur Vincent Lambert que chacun saura ouvrir une parenthèse et se rassembler, auprès de lui, afin que ces moments soient le plus paisibles, intimes et personnels possible", ajoute le médecin. 

Pendant des années, cette décision polémique a opposé la famille du malade, fervente catholique, à l'épouse de Vincent Lambert, Rachel, soutenue par sa propre famille. Mais étant devenu une affaire nationale, le cas Lambert a aussi opposé deux visions de société sur la fin de vie. L'arrêt des soins a pourtant été autorisé par la justice, selon la loi Claeys Leonetti de 2016, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas "d'obstination déraisonnable". Selon cette loi, les traitements peuvent être "suspendus" lorsqu'ils "apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie".

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Cet ancien infirmier de 42 ans, hospitalisé à Reims, était devenu tétraplégique depuis un accident de voiture en 2008. Le conseil d'Etat l'avait encore confirmé fin avril, en s'appuyant sur de nombreuses expertises médicales : Vincent Lambert était dans un état végétatif chronique et son état était officiellement irréversible.

Le 11 mai dernier, son médecin avait donc finalement annoncé à sa famille l'arrêt programmé des traitements pour cette semaine. Une décision contestée par ses parents jusqu'à la dernière minute, puisqu'ils déposaient encore hier un énième recours pour le garder en vie. Leur bataille judiciaire devant les juridictions nationales et internationales pour empêcher la mise en oeuvre de ce protocole de fin de vie aura duré six ans.

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La mère de Vincent Lambert a estimé que les médecins étaient "des monstres"

Les avocats des parents attaquent le docteur Sanchez

"C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils", a réagi l'avocat des parents, Me Jean Paillot, en apprenant que l'arrêt des soins avait commencé à l'hôpital Sébastopol, sur décision du médecin Vincent Sanchez. Le second avocat de la famille, Jérôme Triomphe, a annoncé à LCI qu’ils attaquaient le docteur Sanchez pour obtenir sa radiation. Ils espèrent plaider dès cet après-midi, ou demain matin. Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l'homme a annoncé qu'elle avait été saisie en fin de matinée, lundi 20 mai.

Le Dr Sanchez, "en violation de tous ses devoirs et de ce qu'il avait laissé croire, vient d'annoncer à la famille qu'il avait initié le processus de mort sans préavis, sans tenir compte des recours, sans tenir compte des mesures provisoires. (...). Le coup de force continue. Il est encore temps d'arrêter cette folie", ont affirmé dans un communiqué Me Paillot et Me Triomphe.

La mère de Vincent Lambert a assuré ne pas avoir été prévenue de l'heure exacte de l'arrêt des soins. Visiblement émue devant les caméras, sur le chemin de l'hôpital, elle a déclaré à plusieurs reprises que les médecins responsables étaient "des monstres".

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Vincent Lambert : le débat entre le médecin Louis Puybasset et l'évêque de Nanterre

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